Rapporté par 'Aisha رضي الله عنها : Un homme vint voir le Prophète (ﷺ) à la mosquée et dit : « Je suis perdu ! » Le Prophète (ﷺ) lui demanda : « Pourquoi ? Qu’as-tu fait ? » Il répondit : « J’ai eu une relation avec ma femme pendant le mois de Ramadan (en jeûnant). » Le Prophète (ﷺ) lui dit : « Fais un don en aumône. » Il répondit : « Je n’ai rien. » L’homme s’assit, et à ce moment-là, quelqu’un arriva avec un âne portant de la nourriture pour le Prophète (ﷺ)... (Le sous-rappoteur, 'Abdur Rahman, ajouta : Je ne sais pas de quel aliment il s’agissait.) Le Prophète (ﷺ) dit alors : « Où est l’homme qui s’est dit perdu ? » Il répondit : « Me voici. » Le Prophète (ﷺ) lui dit : « Prends cette nourriture et donne-la en aumône. » L’homme répondit : « À quelqu’un de plus pauvre que moi ? Ma famille n’a rien à manger. » Le Prophète (ﷺ) lui dit alors : « Eh bien, mangez-la vous-mêmes. »
Hadith 6823 — Sahih al Bukhari 86:51
حَدَّثَنِي عَبْدُ الْقُدُّوسِ بْنُ مُحَمَّدٍ، حَدَّثَنِي عَمْرُو بْنُ عَاصِمٍ الْكِلاَبِيُّ، حَدَّثَنَا هَمَّامُ بْنُ يَحْيَى، حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي طَلْحَةَ، عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ كُنْتُ عِنْدَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَجَاءَهُ رَجُلٌ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي أَصَبْتُ حَدًّا فَأَقِمْهُ عَلَىَّ. قَالَ وَلَمْ يَسْأَلْهُ عَنْهُ. قَالَ وَحَضَرَتِ الصَّلاَةُ فَصَلَّى مَعَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَلَمَّا قَضَى النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم الصَّلاَةَ قَامَ إِلَيْهِ الرَّجُلُ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي أَصَبْتُ حَدًّا، فَأَقِمْ فِيَّ كِتَابَ اللَّهِ. قَالَ " أَلَيْسَ قَدْ صَلَّيْتَ مَعَنَا ". قَالَ نَعَمْ. قَالَ " فَإِنَّ اللَّهَ قَدْ غَفَرَ لَكَ ذَنْبَكَ ". أَوْ قَالَ " حَدَّكَ ".
Rapporté par Anas bin Malik : Alors que j’étais avec le Prophète (ﷺ), un homme vint et dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai commis un péché qui mérite une punition ; applique-moi la sanction. » Le Prophète (ﷺ) ne lui demanda pas ce qu’il avait fait. Puis l’heure de la prière arriva, et l’homme pria avec le Prophète (ﷺ). Quand la prière fut terminée, l’homme se leva de nouveau et dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai commis un péché qui mérite une punition ; applique-moi la sanction selon la loi d’Allah. » Le Prophète (ﷺ) lui dit : « N’as-tu pas prié avec nous ? » Il répondit : « Oui. » Le Prophète (ﷺ) dit : « Allah t’a pardonné ton péché. » ou il a dit : « ...ton péché qui mérite une punition. »
Hadith 6824 — Sahih al Bukhari 86:52
حَدَّثَنِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدٍ الْجُعْفِيُّ، حَدَّثَنَا وَهْبُ بْنُ جَرِيرٍ، حَدَّثَنَا أَبِي قَالَ، سَمِعْتُ يَعْلَى بْنَ حَكِيمٍ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ لَمَّا أَتَى مَاعِزُ بْنُ مَالِكٍ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ لَهُ " لَعَلَّكَ قَبَّلْتَ أَوْ غَمَزْتَ أَوْ نَظَرْتَ ". قَالَ لاَ يَا رَسُولَ اللَّهِ. قَالَ " أَنِكْتَهَا ". لاَ يَكْنِي. قَالَ فَعِنْدَ ذَلِكَ أَمَرَ بِرَجْمِهِ.
Rapporté par Ibn `Abbas : Lorsque Ma'iz bin Malik est venu voir le Prophète (ﷺ) pour avouer, le Prophète (ﷺ) lui a dit : « Peut-être que tu as seulement embrassé la femme, ou fait un signe, ou l’as regardée ? » Il a répondu : « Non, ô Messager d’Allah (ﷺ) ! » Le Prophète a alors demandé, sans utiliser de détour : « As-tu eu un rapport sexuel avec elle ? » Le narrateur ajoute : À ce moment-là (après son aveu), le Prophète (ﷺ) a ordonné qu’il soit lapidé
Hadith 6825 — Sahih al Bukhari 86:53
حَدَّثَنَا سَعِيدُ بْنُ عُفَيْرٍ، قَالَ حَدَّثَنِي اللَّيْثُ، حَدَّثَنِي عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ خَالِدٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ ابْنِ الْمُسَيَّبِ، وَأَبِي، سَلَمَةَ أَنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ، قَالَ أَتَى رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم رَجُلٌ مِنَ النَّاسِ وَهْوَ فِي الْمَسْجِدِ فَنَادَاهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي زَنَيْتُ. يُرِيدُ نَفْسَهُ، فَأَعْرَضَ عَنْهُ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَتَنَحَّى لِشِقِّ وَجْهِهِ الَّذِي أَعْرَضَ قِبَلَهُ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي زَنَيْتُ. فَأَعْرَضَ عَنْهُ، فَجَاءَ لِشِقِّ وَجْهِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم الَّذِي أَعْرَضَ عَنْهُ، فَلَمَّا شَهِدَ عَلَى نَفْسِهِ أَرْبَعَ شَهَادَاتٍ دَعَاهُ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ " أَبِكَ جُنُونٌ ". قَالَ لاَ يَا رَسُولَ اللَّهِ. فَقَالَ " أَحْصَنْتَ ". قَالَ نَعَمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ. قَالَ " اذْهَبُوا فَارْجُمُوهُ ". قَالَ ابْنُ شِهَابٍ أَخْبَرَنِي مَنْ، سَمِعَ جَابِرًا، قَالَ فَكُنْتُ فِيمَنْ رَجَمَهُ، فَرَجَمْنَاهُ بِالْمُصَلَّى، فَلَمَّا أَذْلَقَتْهُ الْحِجَارَةُ جَمَزَ حَتَّى أَدْرَكْنَاهُ بِالْحَرَّةِ فَرَجَمْنَاهُ.
Rapporté par Abu Huraira : Un homme parmi les gens est venu voir le Messager d’Allah (ﷺ) alors qu’il était assis dans la mosquée, et lui a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai commis un rapport sexuel interdit. » Le Prophète (ﷺ) a détourné son visage. L’homme s’est déplacé du côté vers lequel le Prophète avait tourné son visage, et a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai commis un rapport interdit. » Le Prophète (ﷺ) a alors tourné son visage de l’autre côté, et l’homme est venu de ce côté. Quand il a avoué quatre fois, le Prophète (ﷺ) l’a appelé et lui a dit : « Es-tu fou ? » Il a répondu : « Non, ô Messager d’Allah (ﷺ) ! » Le Prophète a demandé : « Es-tu marié ? » Il a répondu : « Oui, ô Messager d’Allah (ﷺ). » Le Prophète (ﷺ) a alors dit (aux gens) : « Emmenez-le et lapidez-le à mort. » Ibn Shihab ajoute : « On m’a rapporté de la part de quelqu’un qui a entendu Jabir, que Jabir a dit : ‘J’étais parmi ceux qui ont lapidé cet homme, et nous l’avons lapidé à la Musalla (lieu de prière de la fête), et quand les pierres l’ont blessé, il s’est levé rapidement et s’est enfui, mais nous l’avons rattrapé à Al-Harra et nous l’avons lapidé à mort là-bas.’ »
Hadith 6826 — Sahih al Bukhari #6826
حَدَّثَنَا سَعِيدُ بْنُ عُفَيْرٍ، قَالَ حَدَّثَنِي اللَّيْثُ، حَدَّثَنِي عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ خَالِدٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ ابْنِ الْمُسَيَّبِ، وَأَبِي، سَلَمَةَ أَنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ، قَالَ أَتَى رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم رَجُلٌ مِنَ النَّاسِ وَهْوَ فِي الْمَسْجِدِ فَنَادَاهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي زَنَيْتُ. يُرِيدُ نَفْسَهُ، فَأَعْرَضَ عَنْهُ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَتَنَحَّى لِشِقِّ وَجْهِهِ الَّذِي أَعْرَضَ قِبَلَهُ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي زَنَيْتُ. فَأَعْرَضَ عَنْهُ، فَجَاءَ لِشِقِّ وَجْهِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم الَّذِي أَعْرَضَ عَنْهُ، فَلَمَّا شَهِدَ عَلَى نَفْسِهِ أَرْبَعَ شَهَادَاتٍ دَعَاهُ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ " أَبِكَ جُنُونٌ ". قَالَ لاَ يَا رَسُولَ اللَّهِ. فَقَالَ " أَحْصَنْتَ ". قَالَ نَعَمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ. قَالَ " اذْهَبُوا فَارْجُمُوهُ ". قَالَ ابْنُ شِهَابٍ أَخْبَرَنِي مَنْ، سَمِعَ جَابِرًا، قَالَ فَكُنْتُ فِيمَنْ رَجَمَهُ، فَرَجَمْنَاهُ بِالْمُصَلَّى، فَلَمَّا أَذْلَقَتْهُ الْحِجَارَةُ جَمَزَ حَتَّى أَدْرَكْنَاهُ بِالْحَرَّةِ فَرَجَمْنَاهُ.
Rapporté par Abu Huraira : Un homme parmi les gens est venu voir le Messager d’Allah (ﷺ) alors qu’il était assis dans la mosquée, et lui a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai commis un rapport sexuel interdit. » Le Prophète (ﷺ) a détourné son visage. L’homme s’est déplacé du côté vers lequel le Prophète avait tourné son visage, et a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai commis un rapport interdit. » Le Prophète (ﷺ) a alors tourné son visage de l’autre côté, et l’homme est venu de ce côté. Quand il a avoué quatre fois, le Prophète (ﷺ) l’a appelé et lui a dit : « Es-tu fou ? » Il a répondu : « Non, ô Messager d’Allah (ﷺ) ! » Le Prophète a demandé : « Es-tu marié ? » Il a répondu : « Oui, ô Messager d’Allah (ﷺ). » Le Prophète (ﷺ) a alors dit (aux gens) : « Emmenez-le et lapidez-le à mort. » Ibn Shihab ajoute : « On m’a rapporté de la part de quelqu’un qui a entendu Jabir, que Jabir a dit : ‘J’étais parmi ceux qui ont lapidé cet homme, et nous l’avons lapidé à la Musalla (lieu de prière de la fête), et quand les pierres l’ont blessé, il s’est levé rapidement et s’est enfui, mais nous l’avons rattrapé à Al-Harra et nous l’avons lapidé à mort là-bas.’ »
Rapporté par Abu Huraira et Zaid bin Khalid : Alors que nous étions avec le Prophète (ﷺ), un homme s’est levé et a dit au Prophète (ﷺ) : « Je t’implore par Allah de nous juger selon les lois d’Allah. » Ensuite, l’adversaire de cet homme, qui était plus sage, s’est levé et a dit au Messager d’Allah (ﷺ) : « Juge-nous selon la loi d’Allah et permets-moi de parler. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Parle. » Il a dit : « Mon fils travaillait pour cet homme et il a eu un rapport sexuel interdit avec sa femme. J’ai donné cent moutons et un esclave comme compensation pour la faute de mon fils. Ensuite, j’ai demandé à un homme savant ce qu’il fallait faire, et il m’a dit que mon fils devait recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an, et que la femme de cet homme devait être lapidée à mort. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, je vais vous juger selon les lois d’Allah. Tes cent moutons et l’esclave doivent t’être rendus, et ton fils doit recevoir cent coups de fouet et être exilé un an. Ô Unais ! Va voir la femme de cet homme, et si elle avoue, alors lapide-la à mort. » Unais est allé la voir, elle a avoué, et il l’a alors lapidée à mort
Rapporté par Abu Huraira et Zaid bin Khalid : Alors que nous étions avec le Prophète (ﷺ), un homme s’est levé et a dit au Prophète (ﷺ) : « Je t’implore par Allah de nous juger selon les lois d’Allah. » Ensuite, l’adversaire de cet homme, qui était plus sage, s’est levé et a dit au Messager d’Allah (ﷺ) : « Juge-nous selon la loi d’Allah et permets-moi de parler. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Parle. » Il a dit : « Mon fils travaillait pour cet homme et il a eu un rapport sexuel interdit avec sa femme. J’ai donné cent moutons et un esclave comme compensation pour la faute de mon fils. Ensuite, j’ai demandé à un homme savant ce qu’il fallait faire, et il m’a dit que mon fils devait recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an, et que la femme de cet homme devait être lapidée à mort. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, je vais vous juger selon les lois d’Allah. Tes cent moutons et l’esclave doivent t’être rendus, et ton fils doit recevoir cent coups de fouet et être exilé un an. Ô Unais ! Va voir la femme de cet homme, et si elle avoue, alors lapide-la à mort. » Unais est allé la voir, elle a avoué, et il l’a alors lapidée à mort
Hadith 6829 — Sahih al Bukhari 86:55
حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ قَالَ عُمَرُ لَقَدْ خَشِيتُ أَنْ يَطُولَ بِالنَّاسِ زَمَانٌ حَتَّى يَقُولَ قَائِلٌ لاَ نَجِدُ الرَّجْمَ فِي كِتَابِ اللَّهِ. فَيَضِلُّوا بِتَرْكِ فَرِيضَةٍ أَنْزَلَهَا اللَّهُ، أَلاَ وَإِنَّ الرَّجْمَ حَقٌّ عَلَى مَنْ زَنَى، وَقَدْ أَحْصَنَ، إِذَا قَامَتِ الْبَيِّنَةُ، أَوْ كَانَ الْحَمْلُ أَوْ الاِعْتِرَافُ ـ قَالَ سُفْيَانُ كَذَا حَفِظْتُ ـ أَلاَ وَقَدْ رَجَمَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَرَجَمْنَا بَعْدَهُ.
Rapporté par Ibn `Abbas : `Umar a dit : « J’ai peur qu’avec le temps, des gens disent : “Nous ne trouvons pas les versets du Rajam (lapidation à mort) dans le Livre Saint”, et qu’ensuite ils s’égarent en abandonnant une obligation qu’Allah a révélée. Sachez que je confirme que la peine du Rajam doit être appliquée à celui qui commet un rapport sexuel interdit, s’il est déjà marié et que le crime est prouvé par des témoins, une grossesse ou un aveu. » Soufyan a ajouté : « J’ai retenu ce récit de cette façon. » `Umar a ajouté : « En effet, le Messager d’Allah (ﷺ) a appliqué la peine du Rajam, et nous l’avons fait aussi après lui. »
Rapporté par Ibn `Abbas : J’enseignais le Coran à certains des Mouhajirines (émigrants), parmi lesquels il y avait `Abdur Rahman bin `Auf. Alors que j’étais chez lui à Mina, et qu’il était avec `Umar bin Al-Khattab pendant le dernier Hajj de `Umar, `Abdur-Rahman est venu me voir et m’a dit : « Si seulement tu avais vu l’homme qui est venu aujourd’hui voir le Chef des Croyants (`Umar), en lui disant : “Ô Chef des Croyants ! Que penses-tu d’untel qui dit : ‘Si `Umar meurt, je donnerai l’allégeance à telle ou telle personne, car, par Allah, l’allégeance à Abu Bakr n’a été qu’une action rapide qui s’est ensuite imposée.’” » `Umar s’est mis en colère et a dit : « Si Allah le veut, ce soir je vais me présenter devant les gens et les avertir contre ceux qui veulent priver les autres de leurs droits (la question du pouvoir). » `Abdur-Rahman a dit : « J’ai dit : “Ô Chef des Croyants ! Ne fais pas cela, car la saison du Hajj rassemble toutes sortes de gens, et ce sont eux qui se rassembleront autour de toi lorsque tu t’adresseras au peuple. J’ai peur que tu ne dises quelque chose, que certains rapportent tes paroles sans les comprendre ou les déforment, alors attends d’arriver à Médine, la ville de l’émigration et des traditions du Prophète, là où tu pourras parler avec les savants et les nobles, et leur exposer tes idées en toute confiance ; ils comprendront tes propos et les transmettront correctement.” » À cela, `Umar a dit : « Par Allah ! Si Allah le veut, je le ferai lors du premier discours que je donnerai à Médine. » Ibn `Abbas a ajouté : Nous sommes arrivés à Médine à la fin du mois de Dhul-Hijja, et le vendredi, nous sommes allés rapidement à la mosquée dès que le soleil a décliné. J’ai vu Sa`id bin Zaid bin `Amr bin Nufail assis dans un coin du minbar, et je me suis assis près de lui, mon genou touchant le sien. Peu après, `Umar bin Al-Khattab est arrivé, et en le voyant venir vers nous, j’ai dit à Sa`id bin Zaid bin `Amr bin Nufail : « Aujourd’hui, `Umar va dire quelque chose qu’il n’a jamais dit depuis qu’il est calife. » Sa`id, étonné, a nié et m’a dit : « Qu’attends-tu donc de si nouveau de la part de `Umar ? » Pendant ce temps, `Umar s’est assis sur le minbar, et lorsque les muezzins ont terminé l’appel à la prière, `Umar s’est levé, a glorifié et loué Allah comme il le méritait, puis il a dit : « Maintenant, je vais vous dire quelque chose qu’Allah m’a inspiré de dire. Je ne sais pas, cela annonce peut-être ma mort. Que celui qui comprend et retient mes paroles les transmette partout où il ira, mais si quelqu’un craint de ne pas comprendre, il ne doit pas mentir à mon sujet. Allah a envoyé Muhammad avec la Vérité et lui a révélé le Livre Saint, et parmi ce qu’Allah a révélé, il y avait le verset du Rajam (la lapidation des personnes mariées, hommes et femmes, qui commettent un rapport sexuel interdit), et nous avons récité, compris et mémorisé ce verset. Le Messager d’Allah (ﷺ) a appliqué la peine de lapidation, et nous l’avons fait aussi après lui. J’ai peur qu’avec le temps, quelqu’un dise : “Par Allah, nous ne trouvons pas le verset du Rajam dans le Livre d’Allah”, et qu’ils s’égarent en abandonnant une obligation qu’Allah a révélée. La peine du Rajam doit être appliquée à toute personne mariée, homme ou femme, qui commet un rapport sexuel interdit, si les preuves nécessaires existent, ou s’il y a grossesse ou aveu. Nous récitions aussi parmi les versets du Livre d’Allah : “Ô gens ! Ne prétendez pas être les enfants d’autres que vos pères, car c’est de l’ingratitude de votre part de revendiquer une autre filiation.” Puis le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : “Ne me louez pas excessivement comme Jésus, fils de Marie, l’a été, mais appelez-moi le Serviteur et le Messager d’Allah.” (Ô gens !) J’ai appris qu’un orateur parmi vous dit : “Par Allah, si `Umar meurt, je donnerai l’allégeance à telle ou telle personne.” Il ne faut pas se tromper en pensant que l’allégeance donnée à Abu Bakr était soudaine et a réussi. Oui, c’était ainsi, mais Allah a protégé les gens de ses conséquences, et aucun d’entre vous n’a les qualités de Abu Bakr. Sachez que si quelqu’un donne l’allégeance à une personne sans consulter les autres musulmans, ni lui ni celui à qui l’allégeance a été donnée ne doivent être soutenus, de peur qu’ils ne soient tous deux tués. Après la mort du Prophète (ﷺ), nous avons appris que les Ansar n’étaient pas d’accord avec nous et s’étaient réunis dans la salle de Bani Sa`da. `Ali, Zubair et ceux qui étaient avec eux s’opposaient à nous, tandis que les émigrants se sont rassemblés avec Abu Bakr. J’ai dit à Abu Bakr : “Allons voir nos frères Ansar.” Nous sommes donc partis à leur recherche, et en nous approchant, deux de leurs hommes pieux nous ont rencontrés et nous ont informés de la décision finale des Ansar, en disant : “Ô groupe des Mouhajirines ! Où allez-vous ?” Nous avons répondu : “Nous allons voir nos frères Ansar.” Ils nous ont dit : “Vous ne devriez pas aller vers eux. Faites ce que nous avons déjà décidé.” J’ai dit : “Par Allah, nous irons les voir.” Nous avons donc continué jusqu’à les rejoindre à la salle de Bani Sa`da. Là, un homme était assis parmi eux, enveloppé dans quelque chose. J’ai demandé : “Qui est cet homme ?” Ils ont répondu : “C’est Sa`d bin 'Ubada.” J’ai demandé : “Qu’a-t-il ?” Ils ont dit : “Il est malade.” Après un moment, le porte-parole des Ansar a dit : “Nul n’a le droit d’être adoré sauf Allah”, puis, après avoir loué Allah comme il le méritait, il a ajouté : “Nous sommes les Ansar d’Allah (les aides) et la majorité de l’armée musulmane, alors que vous, les émigrants, êtes un petit groupe, et certains d’entre vous sont venus pour nous empêcher de gérer cette affaire (le califat) et nous en priver.” Quand il a fini, je voulais parler, car j’avais préparé un discours que j’aimais et que je voulais prononcer devant Abu Bakr, mais je faisais attention à ne pas le contrarier. Quand j’ai voulu parler, Abu Bakr a dit : “Attends un peu.” Je n’aimais pas le contrarier. Alors Abu Bakr a pris la parole, il était plus sage et plus patient que moi. Par Allah, il n’a rien oublié de ce que j’aurais aimé dire, il l’a dit ou mieux encore, spontanément. Après une pause, il a dit : “Ô Ansar ! Vous méritez toutes les qualités que vous vous attribuez, mais cette question (du califat) revient aux Quraish car ils sont les meilleurs des Arabes par leur origine et leur foyer, et je vous propose de choisir l’un de ces deux hommes, donnez l’allégeance à celui que vous voulez.” Puis Abu Bakr a pris ma main et celle de Abu Ubaida bin al-Jarrah, qui était assis parmi nous. Je n’ai rien détesté de ce qu’il a dit, sauf cette proposition, car par Allah, je préférerais qu’on me coupe la tête pour expier un péché plutôt que de devenir le dirigeant d’un peuple dont Abu Bakr fait partie, à moins que, au moment de ma mort, je ressente quelque chose que je n’éprouve pas maintenant. » Puis un des Ansar a dit : « Je suis le pilier contre lequel le chameau se frotte pour soulager ses démangeaisons (c’est-à-dire, je suis un noble), et je suis comme un palmier de grande classe ! Ô Quraish, il devrait y avoir un dirigeant parmi nous et un parmi vous. » Alors il y a eu du tumulte et les voix se sont élevées, j’ai eu peur d’un grand désaccord, alors j’ai dit : « Ô Abu Bakr ! Tends la main. » Il a tendu la main et je lui ai prêté allégeance, puis tous les émigrants l’ont fait, suivis par les Ansar. Ainsi, nous avons eu le dessus sur Sa`d bin Ubada (que les Ansar voulaient comme dirigeant). Un des Ansar a dit : « Vous avez tué Sa`d bin Ubada. » J’ai répondu : « Allah a tué Sa`d bin Ubada. » `Umar a ajouté : « Par Allah, à part la grande tragédie qui nous est arrivée (la mort du Prophète), il n’y a pas eu de problème plus grave que l’allégeance à Abu Bakr, car nous avions peur que si nous laissions les gens, ils donnent l’allégeance à l’un des leurs, ce qui aurait signifié que nous aurions accepté quelque chose contre notre volonté, ou que nous nous serions opposés à eux, causant de grands troubles. Donc, si quelqu’un donne l’allégeance à quelqu’un (pour devenir calife) sans consulter les autres musulmans, alors celui qu’il a choisi ne doit pas recevoir l’allégeance, de peur qu’ils ne soient tous deux tués. »
Rapporté par Zaid bin Khalid Al-Juhani : J’ai entendu le Prophète (ﷺ) ordonner que toute personne non mariée coupable de rapport sexuel interdit soit fouettée de cent coups et exilée pendant un an. `Umar bin Al-Khattab a aussi exilé une telle personne, et cette règle est toujours en vigueur