Rapporté par Al-Bara' bin 'Azib (ra) : Le jour de Hudaibiya, le Prophète (ﷺ) a conclu un traité de paix avec les polythéistes sur trois conditions : 1. Le Prophète (ﷺ) devait leur rendre toute personne des polythéistes. 2. Les polythéistes ne devaient pas rendre les musulmans qui viendraient vers eux, et 3. Le Prophète (ﷺ) et ses compagnons viendraient à La Mecque l’année suivante, y resteraient trois jours et entreraient avec leurs armes rangées dans leurs fourreaux, comme les épées, les flèches, les arcs, etc. Abu Jandal est venu en boitant, les jambes enchaînées, mais le Prophète (ﷺ) l’a rendu aux polythéistes
Rapporté par Ibn `Umar : Le Messager d’Allah (ﷺ) est parti pour la `Umra mais les polythéistes de Quraish l’ont empêché d’atteindre la Ka`ba. Il a donc sacrifié son offrande et s’est fait raser la tête à Al-Hudaibiya, et il a accepté avec eux de faire la `Umra l’année suivante, sans porter d’armes sauf des épées, et de ne rester à La Mecque que le temps qu’ils permettraient. Le Prophète (ﷺ) a donc accompli la `Umra l’année suivante et est entré à La Mecque selon le traité, et après trois jours, les polythéistes lui ont demandé de partir, et il est parti
Rapporté par Sahl bin Abu Hathma : `Abdullah bin Sahl et Muhaiyisa bin Mas`ud bin Zaid sont allés à Khaybar alors qu’il y avait un traité de paix avec les musulmans
Hadith 2703 — Sahih al Bukhari 53:13
حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ الأَنْصَارِيُّ، قَالَ حَدَّثَنِي حُمَيْدٌ، أَنَّ أَنَسًا، حَدَّثَهُمْ أَنَّ الرُّبَيِّعَ ـ وَهْىَ ابْنَةُ النَّضْرِ ـ كَسَرَتْ ثَنِيَّةَ جَارِيَةٍ، فَطَلَبُوا الأَرْشَ وَطَلَبُوا الْعَفْوَ، فَأَبَوْا فَأَتَوُا النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَأَمَرَهُمْ بِالْقِصَاصِ. فَقَالَ أَنَسُ بْنُ النَّضْرِ أَتُكْسَرُ ثَنِيَّةُ الرُّبَيِّعِ يَا رَسُولَ اللَّهِ لاَ وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ لاَ تُكْسَرُ ثَنِيَّتُهَا فَقَالَ " يَا أَنَسُ كِتَابُ اللَّهِ الْقِصَاصُ ". فَرَضِيَ الْقَوْمُ وَعَفَوْا فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم " إِنَّ مِنْ عِبَادِ اللَّهِ مَنْ لَوْ أَقْسَمَ عَلَى اللَّهِ لأَبَرَّهُ ". زَادَ الْفَزَارِيُّ عَنْ حُمَيْدٍ عَنْ أَنَسٍ فَرَضِيَ الْقَوْمُ وَقَبِلُوا الأَرْشَ.
Rapporté par Anas : Ar-Rabi, la fille d’An-Nadr, a cassé la dent d’une fille, et les proches d’Ar-Rabi` ont demandé aux proches de la fille d’accepter une compensation et de pardonner, mais ils ont refusé. Ils sont donc allés voir le Prophète (ﷺ) qui a ordonné qu’on applique la loi du talion. Anas bin An-Nadr a demandé : « Ô Messager d’Allah ! La dent d’Ar-Rabi` sera-t-elle cassée ? Non, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, sa dent ne sera pas cassée. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Ô Anas ! La loi d’Allah ordonne le talion. » Plus tard, les proches de la fille ont accepté et ont pardonné. Le Prophète (ﷺ) a dit : « Il y a parmi les serviteurs d’Allah ceux qui, s’ils jurent par Allah, Allah exauce leur serment. » Anas a ajouté : « Les gens ont accepté la compensation. »
Rapporté par Al-Hasan Al-Basri : Par Allah, Al-Hasan bin `Ali a mené de grandes armées comme des montagnes contre Muawiya. `Amr bin Al-As a dit (à Muawiya) : « Je vois vraiment des armées qui ne reculeront pas avant d’avoir tué leurs adversaires. » Muawiya, qui était vraiment le meilleur des deux hommes, lui a répondu : « Ô `Amr ! Si ceux-ci tuent ceux-là et ceux-là tuent ceux-ci, qui restera avec moi pour s’occuper des affaires du peuple, qui restera avec moi pour leurs femmes, qui restera avec moi pour leurs enfants ? » Muawiya a alors envoyé deux hommes Qurayshites de la tribu de `Abd-i-Shams, appelés `Abdur Rahman bin Sumura et `Abdullah bin 'Amir bin Kuraiz, vers Al-Hasan en leur disant : « Allez voir cet homme (Al-Hasan) et négociez la paix avec lui, discutez et persuadez-le. » Ils sont donc allés voir Al-Hasan, ont discuté et l’ont convaincu d’accepter la paix. Al-Hasan a dit : « Nous, les descendants de `Abdul Muttalib, avons de la richesse et les gens se sont livrés à la violence et à la corruption (et seul l’argent les calmera). » Ils ont dit à Al-Hasan : « Muawiya t’offre ceci et cela, et il te demande d’accepter la paix. » Al-Hasan leur a dit : « Mais qui sera responsable de ce que vous avez dit ? » Ils ont répondu : « Nous en serons responsables. » Ainsi, tout ce qu’Al-Hasan demandait, ils disaient : « Nous en serons responsables pour toi. » Al-Hasan a donc conclu un traité de paix avec Muawiya. Al-Hasan (Al-Basri) a dit : J’ai entendu Abu Bakr dire : « J’ai vu le Messager d’Allah (ﷺ) sur la chaire et Al-Hasan bin `Ali était à ses côtés. Le Prophète (ﷺ) regardait tantôt les gens, tantôt Al-Hasan bin `Ali, en disant : ‘Ce fils à moi est un chef, et qu’Allah fasse la paix entre deux grands groupes de musulmans grâce à lui.’ »
Hadith 2705 — Sahih al Bukhari 53:15
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ أَبِي أُوَيْسٍ، قَالَ حَدَّثَنِي أَخِي، عَنْ سُلَيْمَانَ، عَنْ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ أَبِي الرِّجَالِ، مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ أَنَّ أُمَّهُ، عَمْرَةَ بِنْتَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ قَالَتْ سَمِعْتُ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ تَقُولُ سَمِعَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم صَوْتَ خُصُومٍ بِالْبَابِ عَالِيَةٍ أَصْوَاتُهُمَا، وَإِذَا أَحَدُهُمَا يَسْتَوْضِعُ الآخَرَ، وَيَسْتَرْفِقُهُ فِي شَىْءٍ وَهْوَ يَقُولُ وَاللَّهِ لاَ أَفْعَلُ. فَخَرَجَ عَلَيْهِمَا رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ " أَيْنَ الْمُتَأَلِّي عَلَى اللَّهِ لاَ يَفْعَلُ الْمَعْرُوفَ ". فَقَالَ أَنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَلَهُ أَىُّ ذَلِكَ أَحَبَّ.
Rapporté par Aisha : Un jour, le Messager d’Allah (ﷺ) a entendu des voix fortes de personnes qui se disputaient à la porte. L’un d’eux suppliait l’autre de réduire sa dette et lui demandait d’être indulgent, mais l’autre disait : « Par Allah, je ne le ferai pas. » Le Messager d’Allah (ﷺ) est sorti vers eux et a dit : « Qui est celui qui a juré par Allah qu’il ne ferait pas de faveur ? » Cet homme a répondu : « C’est moi, ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Je donnerai à mon adversaire ce qu’il souhaite. »
Rapporté par `Abdullah bin Ka`b bin Malik d’après Ka`b bin Malik : `Abdullah bin Abu Hadrad Al-Aslami devait de l’argent à Ka`b bin Malik. Un jour, ils se sont rencontrés et Ka`b a réclamé son dû, et leurs voix sont devenues très fortes. Le Prophète (ﷺ) est passé près d’eux et a dit : « Ô Ka`b, » en faisant un geste de la main comme pour dire : « Réduis la dette de moitié. » Ka`b a donc pris la moitié de ce qu’on lui devait et a remis l’autre moitié
Hadith 2707 — Sahih al Bukhari 53:17
حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ، أَخْبَرَنَا عَبْدُ الرَّزَّاقِ، أَخْبَرَنَا مَعْمَرٌ، عَنْ هَمَّامٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم " كُلُّ سُلاَمَى مِنَ النَّاسِ عَلَيْهِ صَدَقَةٌ، كُلَّ يَوْمٍ تَطْلُعُ فِيهِ الشَّمْسُ يَعْدِلُ بَيْنَ النَّاسِ صَدَقَةٌ ".
Rapporté par Abu Huraira : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Il y a une aumône à donner pour chaque articulation du corps humain ; et chaque jour où le soleil se lève, il y a une récompense d’aumône pour celui qui établit la justice entre les gens. »
Hadith 2708 — Sahih al Bukhari 53:18
حَدَّثَنَا أَبُو الْيَمَانِ، أَخْبَرَنَا شُعَيْبٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، قَالَ أَخْبَرَنِي عُرْوَةُ بْنُ الزُّبَيْرِ، أَنَّ الزُّبَيْرَ، كَانَ يُحَدِّثُ أَنَّهُ خَاصَمَ رَجُلاً مِنَ الأَنْصَارِ قَدْ شَهِدَ بَدْرًا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فِي شِرَاجٍ مِنَ الْحَرَّةِ كَانَا يَسْقِيَانِ بِهِ كِلاَهُمَا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم لِلزُّبَيْرِ " اسْقِ يَا زُبَيْرُ ثُمَّ أَرْسِلْ إِلَى جَارِكَ ". فَغَضِبَ الأَنْصَارِيُّ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ آنْ كَانَ ابْنَ عَمَّتِكَ فَتَلَوَّنَ وَجْهُ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ثُمَّ قَالَ " اسْقِ ثُمَّ احْبِسْ حَتَّى يَبْلُغَ الْجَدْرَ ". فَاسْتَوْعَى رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم حِينَئِذٍ حَقَّهُ لِلزُّبَيْرِ، وَكَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَبْلَ ذَلِكَ أَشَارَ عَلَى الزُّبَيْرِ بِرَأْىٍ سَعَةٍ لَهُ وَلِلأَنْصَارِيِّ، فَلَمَّا أَحْفَظَ الأَنْصَارِيُّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم اسْتَوْعَى لِلزُّبَيْرِ حَقَّهُ فِي صَرِيحِ الْحُكْمِ. قَالَ عُرْوَةُ قَالَ الزُّبَيْرُ وَاللَّهِ مَا أَحْسِبُ هَذِهِ الآيَةَ نَزَلَتْ إِلاَّ فِي ذَلِكَ {فَلاَ وَرَبِّكَ لاَ يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ} الآيَةَ.
Rapporté par `Urwa bin Az-Zubair : Az-Zubair m’a raconté qu’il s’était disputé avec un homme des Ansar qui avait participé à la bataille de Badr devant le Messager d’Allah (ﷺ) à propos d’un canal d’irrigation qu’ils utilisaient tous les deux. Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit à Az-Zubair : « Ô Zubair ! Arrose ton jardin d’abord, puis laisse couler l’eau vers ton voisin. » L’Ansari s’est énervé et a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Est-ce parce qu’il est ton cousin ? » À ce moment-là, le visage du Messager d’Allah (ﷺ) a changé (de colère) et il a dit (à Az-Zubair) : « Arrose ton jardin puis retiens l’eau jusqu’à ce qu’elle atteigne les murs (autour des palmiers). » Ainsi, le Messager d’Allah (ﷺ) a donné à Az-Zubair son droit complet. Avant cela, le Messager d’Allah (ﷺ) avait donné un jugement généreux, bénéfique pour Az-Zubair et l’Ansari, mais quand l’Ansari l’a irrité, il a donné à Az-Zubair son droit complet selon la loi. Az-Zubair a dit : « Par Allah ! Je pense que le verset suivant a été révélé à ce sujet : "Mais non, par ton Seigneur ! Ils n’auront pas la foi tant qu’ils ne t’auront pas pris comme juge dans tous leurs différends." »
Hadith 2709 — Sahih al Bukhari 53:19
حَدَّثَنِي مُحَمَّدُ بْنُ بَشَّارٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْوَهَّابِ، حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ، عَنْ وَهْبِ بْنِ كَيْسَانَ، عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ تُوُفِّيَ أَبِي وَعَلَيْهِ دَيْنٌ، فَعَرَضْتُ عَلَى غُرَمَائِهِ أَنْ يَأْخُذُوا التَّمْرَ بِمَا عَلَيْهِ، فَأَبَوْا وَلَمْ يَرَوْا أَنَّ فِيهِ وَفَاءً، فَأَتَيْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَذَكَرْتُ ذَلِكَ لَهُ، فَقَالَ " إِذَا جَدَدْتَهُ فَوَضَعْتَهُ فِي الْمِرْبَدِ آذَنْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ". فَجَاءَ وَمَعَهُ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ فَجَلَسَ عَلَيْهِ، وَدَعَا بِالْبَرَكَةِ ثُمَّ قَالَ " ادْعُ غُرَمَاءَكَ، فَأَوْفِهِمْ ". فَمَا تَرَكْتُ أَحَدًا لَهُ عَلَى أَبِي دَيْنٌ إِلاَّ قَضَيْتُهُ، وَفَضَلَ ثَلاَثَةَ عَشَرَ وَسْقًا سَبْعَةٌ عَجْوَةٌ، وَسِتَّةٌ لَوْنٌ أَوْ سِتَّةٌ عَجْوَةٌ وَسَبْعَةٌ لَوْنٌ، فَوَافَيْتُ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم الْمَغْرِبَ فَذَكَرْتُ ذَلِكَ لَهُ فَضَحِكَ فَقَالَ " ائْتِ أَبَا بَكْرٍ وَعُمَرَ فَأَخْبِرْهُمَا ". فَقَالاَ لَقَدْ عَلِمْنَا إِذْ صَنَعَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم مَا صَنَعَ أَنْ سَيَكُونُ ذَلِكَ. وَقَالَ هِشَامٌ عَنْ وَهْبٍ عَنْ جَابِرٍ صَلاَةَ الْعَصْرِ. وَلَمْ يَذْكُرْ أَبَا بَكْرٍ وَلاَ ضَحِكَ، وَقَالَ وَتَرَكَ أَبِي عَلَيْهِ ثَلاَثِينَ وَسْقًا دَيْنًا. وَقَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ عَنْ وَهْبٍ عَنْ جَابِرٍ صَلاَةَ الظُّهْرِ.
Rapporté par Jabir bin `Abdullah : Mon père est décédé alors qu’il avait des dettes. J’ai proposé à ses créanciers de prendre les fruits (c’est-à-dire les dattes) de mon jardin en échange de la dette de mon père, mais ils ont refusé, pensant que cela ne couvrirait pas toute la somme. Je suis donc allé voir le Prophète (ﷺ) et je lui ai expliqué la situation. Il m’a dit : « Quand tu cueilleras les dattes et que tu les rassembleras dans le Mirbad (l’endroit où l’on fait sécher les dattes), appelle-moi (le Messager d’Allah (ﷺ)). » Finalement, il est venu accompagné d’Abu Bakr et de `Umar, il s’est assis sur les dattes et a invoqué la bénédiction d’Allah sur elles. Puis il a dit : « Appelle tes créanciers et donne-leur ce qui leur revient. » J’ai ainsi pu rembourser tous les créanciers de mon père intégralement, et il restait encore treize Wasqs de dattes en plus, dont sept étaient de la variété ‘Ajwa et six de Laun, ou bien six de ‘Ajwa et sept de Laun. J’ai rencontré le Messager d’Allah (ﷺ) au coucher du soleil et je l’en ai informé. Il a alors souri et a dit : « Va voir Abu Bakr et `Umar et raconte-leur ce qui s’est passé. » Ils ont dit : « Nous nous y attendions, car le Messager d’Allah (ﷺ) a agi ainsi. »