حَدَّثَنَا قَبِيصَةُ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنِ ابْنِ ذَكْوَانَ، عَنِ الأَعْرَجِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم يَدْعُو فِي الْقُنُوتِ " اللَّهُمَّ أَنْجِ سَلَمَةَ بْنَ هِشَامٍ، اللَّهُمَّ أَنْجِ الْوَلِيدَ بْنَ الْوَلِيدِ، اللَّهُمَّ أَنْجِ عَيَّاشَ بْنَ أَبِي رَبِيعَةَ، اللَّهُمَّ أَنْجِ الْمُسْتَضْعَفِينَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ، اللَّهُمَّ اشْدُدْ وَطْأَتَكَ عَلَى مُضَرَ، اللَّهُمَّ سِنِينَ كَسِنِي يُوسُفَ ".
Rapporté par Abu Huraira : Le Prophète (ﷺ) récitait les invocations suivantes pendant le Qunut : « Ô Allah ! Sauve Salama bin Hisham. Ô Allah ! Sauve Al-Walid bin Al-Walid. Ô Allah ! Sauve `Aiyash bin Rabi`a. Ô Allah ! Sauve les musulmans faibles. Ô Allah ! Sois très dur envers la tribu de Mudar. Ô Allah ! Inflige-leur des années (de famine) semblables à celles du temps du Prophète Joseph. »
Hadith 2933 — Sahih al Bukhari 56:146
حَدَّثَنَا أَحْمَدُ بْنُ مُحَمَّدٍ، أَخْبَرَنَا عَبْدُ اللَّهِ، أَخْبَرَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ أَبِي خَالِدٍ، أَنَّهُ سَمِعَ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ أَبِي أَوْفَى ـ رضى الله عنهما ـ يَقُولُ دَعَا رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَوْمَ الأَحْزَابِ عَلَى الْمُشْرِكِينَ فَقَالَ " اللَّهُمَّ مُنْزِلَ الْكِتَابِ سَرِيعَ الْحِسَابِ، اللَّهُمَّ اهْزِمِ الأَحْزَابَ، اللَّهُمَّ اهْزِمْهُمْ وَزَلْزِلْهُمْ ".
Rapporté par `Abdullah bin Abi `Aufa : Le Messager d’Allah (ﷺ) a invoqué le mal contre les polythéistes le jour de la bataille d’Al-Ahzab, en disant : « Ô Allah ! Toi qui as révélé le Livre sacré, Toi qui juges rapidement, ô Allah, vaincs Al-Ahzab (c’est-à-dire les clans), ô Allah, vaincs-les et ébranle-les. »
Rapporté par `Abdullah : Un jour, le Prophète (ﷺ) priait à l’ombre de la Ka`ba. Abu Jahl et quelques hommes de Quraish envoyèrent quelqu’un chercher les entrailles d’une chamelle abattue quelque part à La Mecque, et quand il les apporta, ils les posèrent sur le Prophète (ﷺ). Puis Fatima (la fille du Prophète) vint et les enleva. Il dit alors : « Ô Allah ! Détruis les Quraish ; ô Allah ! Détruis les Quraish ; ô Allah, détruis les Quraish », en nommant spécialement Abu Jahl bin Hisham, `Utba bin Rabi`a, Shaiba bin Rabi`a, Al Walid bin `Utba, Ubai bin Khalaf et `Uqba bin Abi Mu’it. (Le narrateur, `Abdullah, ajouta : « Je les ai tous vus tués et jetés dans le puits de Badr. »)
Hadith 2935 — Sahih al Bukhari 56:148
حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ بْنُ حَرْبٍ، حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ أَيُّوبَ، عَنِ ابْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ أَنَّ الْيَهُودَ، دَخَلُوا عَلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالُوا السَّامُ عَلَيْكَ. فَلَعَنْتُهُمْ. فَقَالَ " مَا لَكِ ". قُلْتُ أَوَلَمْ تَسْمَعْ مَا قَالُوا قَالَ " فَلَمْ تَسْمَعِي مَا قُلْتُ وَعَلَيْكُمْ ".
Rapporté par `Aisha : Un jour, des Juifs sont venus voir le Prophète (ﷺ) et ont dit : « Que la mort soit sur toi. » Alors je les ai maudits. Le Prophète (ﷺ) a dit : « Qu’as-tu ? » J’ai répondu : « N’as-tu pas entendu ce qu’ils ont dit ? » Le Prophète (ﷺ) a dit : « N’as-tu pas entendu ce que je leur ai répondu ? (J’ai dit) : ‘Que ce soit aussi sur vous.’ »
Hadith 2936 — Sahih al Bukhari 56:149
حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ، أَخْبَرَنَا يَعْقُوبُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا ابْنُ أَخِي ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عَمِّهِ، قَالَ أَخْبَرَنِي عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ أَخْبَرَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم كَتَبَ إِلَى قَيْصَرَ، وَقَالَ " فَإِنْ تَوَلَّيْتَ فَإِنَّ عَلَيْكَ إِثْمَ الأَرِيسِيِّينَ ".
Rapporté par `Abdullah bin `Abbas : Le Messager d’Allah (ﷺ) a écrit une lettre à César en disant : « Si tu refuses l’Islam, tu seras responsable des péchés des cultivateurs (c’est-à-dire de ton peuple). »
Hadith 2937 — Sahih al Bukhari 56:150
حَدَّثَنَا أَبُو الْيَمَانِ، أَخْبَرَنَا شُعَيْبٌ، حَدَّثَنَا أَبُو الزِّنَادِ، أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ، قَالَ قَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه قَدِمَ طُفَيْلُ بْنُ عَمْرٍو الدَّوْسِيُّ وَأَصْحَابُهُ عَلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّ دَوْسًا عَصَتْ وَأَبَتْ، فَادْعُ اللَّهَ عَلَيْهَا. فَقِيلَ هَلَكَتْ دَوْسٌ. قَالَ " اللَّهُمَّ اهْدِ دَوْسًا وَائْتِ بِهِمْ ".
Rapporté par Abu Huraira : Tufail bin `Amr Ad-Dausi et ses compagnons sont venus voir le Prophète (ﷺ) et ont dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Les gens de la tribu de Daus ont désobéi et refusé de te suivre ; invoque donc Allah contre eux. » Les gens dirent : « La tribu de Daus est perdue. » Le Prophète (ﷺ) dit : « Ô Allah ! Guide le peuple de Daus et fais qu’ils acceptent l’Islam. »
Hadith 2938 — Sahih al Bukhari 56:151
حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ الْجَعْدِ، أَخْبَرَنَا شُعْبَةُ، عَنْ قَتَادَةَ، قَالَ سَمِعْتُ أَنَسًا ـ رضى الله عنه ـ يَقُولُ لَمَّا أَرَادَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم أَنْ يَكْتُبَ إِلَى الرُّومِ، قِيلَ لَهُ إِنَّهُمْ لاَ يَقْرَءُونَ كِتَابًا إِلاَّ أَنْ يَكُونَ مَخْتُومًا. فَاتَّخَذَ خَاتَمًا مِنْ فِضَّةٍ، فَكَأَنِّي أَنْظُرُ إِلَى بَيَاضِهِ فِي يَدِهِ، وَنَقَشَ فِيهِ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللَّهِ.
Rapporté par Anas : Lorsque le Prophète (ﷺ) voulut écrire une lettre au souverain des Byzantins, on lui dit que ces gens ne lisaient aucune lettre sans sceau. Alors, le Prophète (ﷺ) fit faire une bague en argent – comme si je voyais encore son éclat blanc sur sa main – et il y fit graver : « Muhammad, Messager d’Allah. »
Hadith 2939 — Sahih al Bukhari 56:152
حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، حَدَّثَنَا اللَّيْثُ، قَالَ حَدَّثَنِي عُقَيْلٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ أَخْبَرَنِي عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ، أَخْبَرَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم بَعَثَ بِكِتَابِهِ إِلَى كِسْرَى، فَأَمَرَهُ أَنْ يَدْفَعَهُ إِلَى عَظِيمِ الْبَحْرَيْنِ، يَدْفَعُهُ عَظِيمُ الْبَحْرَيْنِ إِلَى كِسْرَى، فَلَمَّا قَرَأَهُ كِسْرَى خَرَّقَهُ، فَحَسِبْتُ أَنَّ سَعِيدَ بْنَ الْمُسَيَّبِ قَالَ فَدَعَا عَلَيْهِمُ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم أَنْ يُمَزَّقُوا كُلَّ مُمَزَّقٍ.
Rapporté par `Abdullah bin `Abbas : Le Messager d’Allah (ﷺ) envoya sa lettre à Khusrau et ordonna à son messager de la remettre au gouverneur de Bahreïn, qui devait la transmettre à Khusrau. Quand Khusrau lut la lettre, il la déchira. Sa`id bin Al-Musayyab dit : « Le Prophète (ﷺ) invoqua alors Allah pour qu’Il les disperse complètement, (qu’Il les détruise, c’est-à-dire Khusrau et ses partisans, sévèrement). »
Rapporté par `Abdullah bin `Abbas : Le Messager d’Allah (ﷺ) écrivit à César pour l’inviter à l’Islam et lui envoya sa lettre avec Dihya Al-Kalbi, à qui il ordonna de la remettre au gouverneur de Busra, qui la transmettrait à César. César, en remerciement à Allah, marcha de Hims à Ilya (Jérusalem) après qu’Allah lui eut accordé la victoire sur les Perses. Quand la lettre du Messager d’Allah (ﷺ) arriva à César, il dit après l’avoir lue : « Cherchez-moi quelqu’un de son peuple (les Arabes de Quraish) s’il y en a ici, pour l’interroger sur le Messager d’Allah (ﷺ). » À ce moment-là, Abu Sufyan bin Harb se trouvait au Sham avec des hommes de Quraish venus comme commerçants pendant la trêve conclue entre le Messager d’Allah (ﷺ) et les polythéistes de Quraish. Abu Sufyan dit : « L’émissaire de César nous trouva quelque part au Sham, il m’emmena avec mes compagnons à Ilya et nous fûmes admis à la cour de César, qui était assis sur son trône, couronné, entouré des hauts dignitaires byzantins. Il dit à son traducteur : ‘Demande-leur qui parmi eux est un proche parent de l’homme qui prétend être prophète.’ » Abu Sufyan ajouta : « J’ai répondu : ‘Je suis son plus proche parent.’ Il demanda : ‘Quel lien de parenté as-tu avec lui ?’ J’ai dit : ‘Il est mon cousin’, et il n’y avait dans la caravane aucun membre de Bani Abu Manaf sauf moi. César dit : ‘Qu’il s’approche.’ Il ordonna alors à mes compagnons de se tenir derrière moi, près de mon épaule, et dit à son traducteur : ‘Dites à ses compagnons que je vais interroger cet homme sur celui qui prétend être prophète. S’il ment, qu’ils le contredisent immédiatement.’ » Abu Sufyan ajouta : « Par Allah ! Si je n’avais pas eu honte que mes compagnons me traitent de menteur, je n’aurais pas dit la vérité sur lui. Mais j’avais honte d’être traité de menteur par mes compagnons. Alors j’ai dit la vérité. Il dit ensuite à son traducteur : ‘Demande-lui de quelle famille il vient.’ J’ai répondu : ‘Il vient d’une famille noble parmi nous.’ Il dit : ‘Quelqu’un d’autre parmi vous a-t-il déjà fait la même revendication avant lui ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘L’avez-vous déjà accusé de mensonge avant sa revendication ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘L’un de ses ancêtres était-il roi ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘Les nobles ou les pauvres le suivent-ils ?’ J’ai répondu : ‘Ce sont les pauvres qui le suivent.’ Il dit : ‘Sont-ils de plus en plus nombreux ou de moins en moins ?’ J’ai répondu : ‘Ils sont de plus en plus nombreux.’ Il dit : ‘Y a-t-il quelqu’un parmi ceux qui ont embrassé sa religion qui s’en est détourné après ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘Rompt-il ses promesses ?’ J’ai répondu : ‘Non, mais nous sommes actuellement en trêve avec lui et nous craignons qu’il ne nous trahisse.’ » Abu Sufyan ajouta : « À part cette dernière phrase, je n’ai rien pu dire contre lui. César demanda alors : ‘Avez-vous déjà eu une guerre contre lui ?’ J’ai répondu : ‘Oui.’ Il dit : ‘Quel a été le résultat de vos batailles ?’ J’ai répondu : ‘Les résultats étaient partagés ; parfois il gagnait, parfois nous.’ Il dit : ‘Que vous ordonne-t-il ?’ J’ai dit : ‘Il nous dit d’adorer Allah seul, de ne rien Lui associer, d’abandonner ce que nos ancêtres adoraient. Il nous ordonne la prière, la charité, la chasteté, la fidélité aux promesses et de rendre ce qui nous est confié.’ » Quand j’ai dit cela, César dit à son traducteur : « Dis-lui : Je t’ai demandé son origine et tu as répondu qu’il venait d’une famille noble. En fait, tous les messagers venaient des familles les plus nobles de leur peuple. Je t’ai demandé si quelqu’un d’autre avait déjà fait une telle revendication, tu as répondu non. Si tu avais répondu oui, j’aurais pensé qu’il imitait une revendication précédente. Je t’ai demandé s’il avait déjà été accusé de mensonge, tu as dit non, donc j’ai supposé qu’une personne qui ne ment pas aux gens ne mentirait pas sur Allah. Je t’ai demandé si l’un de ses ancêtres était roi, tu as dit non, sinon j’aurais pensé qu’il voulait récupérer le royaume de ses ancêtres. Je t’ai demandé si les riches ou les pauvres le suivaient, tu as répondu que ce sont les pauvres, et c’est ainsi pour les messagers. Je t’ai demandé si ses partisans augmentaient ou diminuaient, tu as dit qu’ils augmentaient, et c’est le signe de la vraie foi jusqu’à ce qu’elle soit complète. Je t’ai demandé si quelqu’un, après avoir embrassé sa religion, s’en était détourné, tu as répondu non, et c’est le signe de la vraie foi, car quand la joie de la foi entre dans le cœur, personne ne la rejette. Je t’ai demandé s’il rompait ses promesses, tu as dit non, et c’est ainsi pour les messagers, ils ne trahissent pas. Je t’ai demandé si vous aviez combattu contre lui, tu as dit oui, et parfois il gagnait, parfois vous, et c’est ainsi pour les messagers, ils sont éprouvés mais la victoire finale leur revient toujours. Je t’ai demandé ce qu’il vous ordonne, tu as dit qu’il vous ordonne d’adorer Allah seul, de ne rien Lui associer, d’abandonner ce que vos ancêtres adoraient, de prier, de dire la vérité, d’être chaste, de tenir vos promesses et de rendre ce qui vous est confié. Ce sont vraiment les qualités d’un prophète dont je savais (par les Écritures précédentes) qu’il apparaîtrait, mais je ne savais pas qu’il serait parmi vous. Si ce que tu dis est vrai, il dominera bientôt la terre sous mes pieds, et si je savais que je pourrais le rejoindre, j’irais immédiatement le rencontrer ; et si j’étais avec lui, je laverais certainement ses pieds. » Abu Sufyan ajouta : « César demanda alors la lettre du Messager d’Allah (ﷺ) et on la lut. Son contenu était : ‘Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. (Cette lettre est) de Muhammad, serviteur d’Allah et Son Messager, à Héraclius, souverain des Byzantins. Que la paix soit sur ceux qui suivent la bonne voie. Ensuite, je t’invite à l’Islam (c’est-à-dire à te soumettre à Allah), accepte l’Islam et tu seras en sécurité ; accepte l’Islam et Allah t’accordera une double récompense. Mais si tu refuses cette invitation à l’Islam, tu seras responsable d’avoir égaré les cultivateurs (c’est-à-dire ton peuple). Ô gens du Livre ! Venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que personne d’entre nous ne prenne d’autres seigneurs qu’Allah. Puis s’ils se détournent, dis : Soyez témoins que nous sommes soumis.’ (3.64) » Abu Sufyan ajouta : « Quand Héraclius eut fini son discours, il y eut un grand tumulte parmi les dignitaires byzantins autour de lui, et il y avait tant de bruit que je n’ai pas compris ce qu’ils disaient. On nous fit sortir de la cour. Quand je suis sorti avec mes compagnons et que nous étions seuls, je leur ai dit : ‘L’affaire d’Ibn Abi Kabsha (c’est-à-dire le Prophète) a pris de l’ampleur. Voici le roi des Bani Al-Asfar qui le craint.’ » Abu Sufyan ajouta : « Par Allah, je me sentais inférieur et j’étais certain que sa religion triompherait jusqu’à ce qu’Allah me guide vers l’Islam, même si je n’aimais pas cela. »
Rapporté par `Abdullah bin `Abbas : Le Messager d’Allah (ﷺ) écrivit à César pour l’inviter à l’Islam et lui envoya sa lettre avec Dihya Al-Kalbi, à qui il ordonna de la remettre au gouverneur de Busra, qui la transmettrait à César. César, en remerciement à Allah, marcha de Hims à Ilya (Jérusalem) après qu’Allah lui eut accordé la victoire sur les Perses. Quand la lettre du Messager d’Allah (ﷺ) arriva à César, il dit après l’avoir lue : « Cherchez-moi quelqu’un de son peuple (les Arabes de Quraish) s’il y en a ici, pour l’interroger sur le Messager d’Allah (ﷺ). » À ce moment-là, Abu Sufyan bin Harb se trouvait au Sham avec des hommes de Quraish venus comme commerçants pendant la trêve conclue entre le Messager d’Allah (ﷺ) et les polythéistes de Quraish. Abu Sufyan dit : « L’émissaire de César nous trouva quelque part au Sham, il m’emmena avec mes compagnons à Ilya et nous fûmes admis à la cour de César, qui était assis sur son trône, couronné, entouré des hauts dignitaires byzantins. Il dit à son traducteur : ‘Demande-leur qui parmi eux est un proche parent de l’homme qui prétend être prophète.’ » Abu Sufyan ajouta : « J’ai répondu : ‘Je suis son plus proche parent.’ Il demanda : ‘Quel lien de parenté as-tu avec lui ?’ J’ai dit : ‘Il est mon cousin’, et il n’y avait dans la caravane aucun membre de Bani Abu Manaf sauf moi. César dit : ‘Qu’il s’approche.’ Il ordonna alors à mes compagnons de se tenir derrière moi, près de mon épaule, et dit à son traducteur : ‘Dites à ses compagnons que je vais interroger cet homme sur celui qui prétend être prophète. S’il ment, qu’ils le contredisent immédiatement.’ » Abu Sufyan ajouta : « Par Allah ! Si je n’avais pas eu honte que mes compagnons me traitent de menteur, je n’aurais pas dit la vérité sur lui. Mais j’avais honte d’être traité de menteur par mes compagnons. Alors j’ai dit la vérité. Il dit ensuite à son traducteur : ‘Demande-lui de quelle famille il vient.’ J’ai répondu : ‘Il vient d’une famille noble parmi nous.’ Il dit : ‘Quelqu’un d’autre parmi vous a-t-il déjà fait la même revendication avant lui ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘L’avez-vous déjà accusé de mensonge avant sa revendication ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘L’un de ses ancêtres était-il roi ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘Les nobles ou les pauvres le suivent-ils ?’ J’ai répondu : ‘Ce sont les pauvres qui le suivent.’ Il dit : ‘Sont-ils de plus en plus nombreux ou de moins en moins ?’ J’ai répondu : ‘Ils sont de plus en plus nombreux.’ Il dit : ‘Y a-t-il quelqu’un parmi ceux qui ont embrassé sa religion qui s’en est détourné après ?’ J’ai répondu : ‘Non.’ Il dit : ‘Rompt-il ses promesses ?’ J’ai répondu : ‘Non, mais nous sommes actuellement en trêve avec lui et nous craignons qu’il ne nous trahisse.’ » Abu Sufyan ajouta : « À part cette dernière phrase, je n’ai rien pu dire contre lui. César demanda alors : ‘Avez-vous déjà eu une guerre contre lui ?’ J’ai répondu : ‘Oui.’ Il dit : ‘Quel a été le résultat de vos batailles ?’ J’ai répondu : ‘Les résultats étaient partagés ; parfois il gagnait, parfois nous.’ Il dit : ‘Que vous ordonne-t-il ?’ J’ai dit : ‘Il nous dit d’adorer Allah seul, de ne rien Lui associer, d’abandonner ce que nos ancêtres adoraient. Il nous ordonne la prière, la charité, la chasteté, la fidélité aux promesses et de rendre ce qui nous est confié.’ » Quand j’ai dit cela, César dit à son traducteur : « Dis-lui : Je t’ai demandé son origine et tu as répondu qu’il venait d’une famille noble. En fait, tous les messagers venaient des familles les plus nobles de leur peuple. Je t’ai demandé si quelqu’un d’autre avait déjà fait une telle revendication, tu as répondu non. Si tu avais répondu oui, j’aurais pensé qu’il imitait une revendication précédente. Je t’ai demandé s’il avait déjà été accusé de mensonge, tu as dit non, donc j’ai supposé qu’une personne qui ne ment pas aux gens ne mentirait pas sur Allah. Je t’ai demandé si l’un de ses ancêtres était roi, tu as dit non, sinon j’aurais pensé qu’il voulait récupérer le royaume de ses ancêtres. Je t’ai demandé si les riches ou les pauvres le suivaient, tu as répondu que ce sont les pauvres, et c’est ainsi pour les messagers. Je t’ai demandé si ses partisans augmentaient ou diminuaient, tu as dit qu’ils augmentaient, et c’est le signe de la vraie foi jusqu’à ce qu’elle soit complète. Je t’ai demandé si quelqu’un, après avoir embrassé sa religion, s’en était détourné, tu as répondu non, et c’est le signe de la vraie foi, car quand la joie de la foi entre dans le cœur, personne ne la rejette. Je t’ai demandé s’il rompait ses promesses, tu as dit non, et c’est ainsi pour les messagers, ils ne trahissent pas. Je t’ai demandé si vous aviez combattu contre lui, tu as dit oui, et parfois il gagnait, parfois vous, et c’est ainsi pour les messagers, ils sont éprouvés mais la victoire finale leur revient toujours. Je t’ai demandé ce qu’il vous ordonne, tu as dit qu’il vous ordonne d’adorer Allah seul, de ne rien Lui associer, d’abandonner ce que vos ancêtres adoraient, de prier, de dire la vérité, d’être chaste, de tenir vos promesses et de rendre ce qui vous est confié. Ce sont vraiment les qualités d’un prophète dont je savais (par les Écritures précédentes) qu’il apparaîtrait, mais je ne savais pas qu’il serait parmi vous. Si ce que tu dis est vrai, il dominera bientôt la terre sous mes pieds, et si je savais que je pourrais le rejoindre, j’irais immédiatement le rencontrer ; et si j’étais avec lui, je laverais certainement ses pieds. » Abu Sufyan ajouta : « César demanda alors la lettre du Messager d’Allah (ﷺ) et on la lut. Son contenu était : ‘Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. (Cette lettre est) de Muhammad, serviteur d’Allah et Son Messager, à Héraclius, souverain des Byzantins. Que la paix soit sur ceux qui suivent la bonne voie. Ensuite, je t’invite à l’Islam (c’est-à-dire à te soumettre à Allah), accepte l’Islam et tu seras en sécurité ; accepte l’Islam et Allah t’accordera une double récompense. Mais si tu refuses cette invitation à l’Islam, tu seras responsable d’avoir égaré les cultivateurs (c’est-à-dire ton peuple). Ô gens du Livre ! Venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que personne d’entre nous ne prenne d’autres seigneurs qu’Allah. Puis s’ils se détournent, dis : Soyez témoins que nous sommes soumis.’ (3.64) » Abu Sufyan ajouta : « Quand Héraclius eut fini son discours, il y eut un grand tumulte parmi les dignitaires byzantins autour de lui, et il y avait tant de bruit que je n’ai pas compris ce qu’ils disaient. On nous fit sortir de la cour. Quand je suis sorti avec mes compagnons et que nous étions seuls, je leur ai dit : ‘L’affaire d’Ibn Abi Kabsha (c’est-à-dire le Prophète) a pris de l’ampleur. Voici le roi des Bani Al-Asfar qui le craint.’ » Abu Sufyan ajouta : « Par Allah, je me sentais inférieur et j’étais certain que sa religion triompherait jusqu’à ce qu’Allah me guide vers l’Islam, même si je n’aimais pas cela. »