وَقَالَ إِسْمَاعِيلُ أَخْبَرَنِي عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ إِسْحَاقَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي طَلْحَةَ،، لاَ أَعْلَمُهُ إِلاَّ عَنْ أَنَسٍ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ لَمَّا نَزَلَتْ {لَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ} جَاءَ أَبُو طَلْحَةَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ يَقُولُ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي كِتَابِهِ {لَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ} وَإِنَّ أَحَبَّ أَمْوَالِي إِلَىَّ بِيرُحَاءَ ـ قَالَ وَكَانَتْ حَدِيقَةً كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَدْخُلُهَا وَيَسْتَظِلُّ بِهَا وَيَشْرَبُ مِنْ مَائِهَا ـ فَهِيَ إِلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ وَإِلَى رَسُولِهِ صلى الله عليه وسلم أَرْجُو بِرَّهُ وَذُخْرَهُ، فَضَعْهَا أَىْ رَسُولَ اللَّهِ حَيْثُ أَرَاكَ اللَّهُ. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم " بَخْ يَا أَبَا طَلْحَةَ، ذَلِكَ مَالٌ رَابِحٌ، قَبِلْنَاهُ مِنْكَ وَرَدَدْنَاهُ عَلَيْكَ، فَاجْعَلْهُ فِي الأَقْرَبِينَ ". فَتَصَدَّقَ بِهِ أَبُو طَلْحَةَ عَلَى ذَوِي رَحِمِهِ، قَالَ وَكَانَ مِنْهُمْ أُبَىٌّ وَحَسَّانُ، قَالَ وَبَاعَ حَسَّانُ حِصَّتَهُ مِنْهُ مِنْ مُعَاوِيَةَ، فَقِيلَ لَهُ تَبِيعُ صَدَقَةَ أَبِي طَلْحَةَ فَقَالَ أَلاَ أَبِيعُ صَاعًا مِنْ تَمْرٍ بِصَاعٍ مِنْ دَرَاهِمَ قَالَ وَكَانَتْ تِلْكَ الْحَدِيقَةُ فِي مَوْضِعِ قَصْرِ بَنِي حُدَيْلَةَ الَّذِي بَنَاهُ مُعَاوِيَةُ.
Rapporté par Anas (ra) : Lorsque le verset sacré : « Vous n’atteindrez jamais la piété (la récompense d’Allah, c’est-à-dire le Paradis) tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez… » (3:92) a été révélé, Abu Talha est allé voir le Messager d’Allah (ﷺ) et a dit : « Ô Messager d’Allah ! Allah, le Béni, le Très-Haut, a dit dans Son Livre : “Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez…” et le bien que j’aime le plus est Bairuha’ (un jardin où le Messager d’Allah (ﷺ) venait s’asseoir à l’ombre et boire de son eau). Je l’offre à Allah et à Son Messager (ﷺ) en espérant la récompense d’Allah dans l’au-delà. Ô Messager d’Allah ! Utilise-le comme Allah te l’ordonne. » Le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Bravo ! Ô Abu Talha, c’est un bien fructueux. Nous l’acceptons de toi et maintenant nous te le rendons. Distribue-le parmi tes proches. » Alors Abu Talha le distribua parmi ses proches, dont Ubai et Hassan. Quand Hassan a vendu sa part de ce jardin à Mu‘awiya, on lui demanda : « Que penses-tu de l’aumône d’Abu Talha ? » Il répondit : « Pourquoi ne vendrais-je pas un Sa’ de dattes contre un Sa’ d’argent ? » Le jardin était situé dans la cour du palais de Bani Jadila construit par Mu‘awiya
Rapporté par Ibn ‘Abbas : Certaines personnes prétendent que l’ordre dans le verset ci-dessus est annulé. Par Allah, il n’est pas annulé, mais les gens ont cessé de l’appliquer. Il y a deux sortes de tuteurs (chargés de l’héritage) : Celui qui hérite ; il doit donner (de ce qu’il hérite aux proches, orphelins, nécessiteux, etc.), et celui qui n’hérite pas (par exemple, le tuteur des orphelins) : il doit parler avec bonté et dire (à ceux qui sont présents lors du partage) : « Je ne peux pas vous le donner (car la richesse appartient aux orphelins). »
Hadith 2760 — Sahih al Bukhari 55:23
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، قَالَ حَدَّثَنِي مَالِكٌ، عَنْ هِشَامٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، رضى الله عنها أَنَّ رَجُلاً، قَالَ لِلنَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم إِنَّ أُمِّي افْتُلِتَتْ نَفْسَهَا، وَأُرَاهَا لَوْ تَكَلَّمَتْ تَصَدَّقَتْ، أَفَأَتَصَدَّقُ عَنْهَا قَالَ " نَعَمْ، تَصَدَّقْ عَنْهَا ".
Rapporté par ‘Aisha : Un homme a dit au Prophète : « Ma mère est morte subitement, et je pense que si elle avait pu parler, elle aurait donné en aumône. Puis-je donner en aumône pour elle ? » Il répondit : « Oui ! Donne en aumône pour elle. »
Hadith 2761 — Sahih al Bukhari 55:24
حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، أَخْبَرَنَا مَالِكٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ سَعْدَ بْنَ عُبَادَةَ ـ رضى الله عنه ـ اسْتَفْتَى رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ إِنَّ أُمِّي مَاتَتْ وَعَلَيْهَا نَذْرٌ. فَقَالَ " اقْضِهِ عَنْهَا ".
Rapporté par Ibn ‘Abbas : Sa‘d bin Ubada a consulté le Messager d’Allah (ﷺ) en disant : « Ma mère est morte et elle avait un vœu non accompli. » Le Prophète (ﷺ) dit : « Accomplis-le pour elle. »
Rapporté par Ibn ‘Abbas : La mère de Sa‘d bin Ubada, le frère de Bani Saida, est morte en l’absence de Sa‘d. Il est donc allé voir le Prophète et a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Ma mère est morte en mon absence, cela lui sera-t-il utile si je donne en aumône pour elle ? » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Oui. » Sa‘d dit : « Je te prends à témoin que je donne mon jardin Al-Makhraf en aumône pour elle. »
Rapporté par Az-Zuhri : ‘Urwa bin Az-Zubair a dit qu’il a demandé à ‘Aisha la signification du verset coranique : « Et si vous craignez de ne pas être équitables envers les orphelines, alors épousez d’autres femmes de votre choix. » (4.2-3) ‘Aisha a dit : « Il s’agit d’une orpheline sous la tutelle de son tuteur, qui est attiré par elle à cause de sa beauté et de sa richesse, et veut l’épouser en lui donnant une dot inférieure à celle des femmes de son rang. Ils (les tuteurs) ont donc été interdits d’épouser les orphelines à moins de leur donner une dot complète et appropriée. Sinon, ils devaient épouser d’autres femmes. Plus tard, les gens ont interrogé le Messager d’Allah (ﷺ) à ce sujet. Alors Allah a révélé ce verset : « Ils te demandent une instruction (Ô Muhammad !) au sujet des femmes. Dis : Allah vous instruit à leur sujet… » (4.127) et dans ce verset, Allah a indiqué que si l’orpheline était belle et riche, son tuteur voudrait l’épouser sans lui donner une dot appropriée, mais si elle n’était pas désirable par manque de beauté ou de richesse, il ne l’épouserait pas et chercherait à épouser une autre femme. Donc, puisqu’il ne l’épousait pas quand elle ne lui plaisait pas, il n’avait pas le droit de l’épouser quand il était intéressé, à moins de la traiter avec justice en lui donnant une dot complète et en respectant tous ses droits. »
Hadith 2764 — Sahih al Bukhari 55:27
حَدَّثَنَا هَارُونُ، حَدَّثَنَا أَبُو سَعِيدٍ، مَوْلَى بَنِي هَاشِمٍ حَدَّثَنَا صَخْرُ بْنُ جُوَيْرِيَةَ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ عُمَرَ، تَصَدَّقَ بِمَالٍ لَهُ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَكَانَ يُقَالُ لَهُ ثَمْغٌ، وَكَانَ نَخْلاً، فَقَالَ عُمَرُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي اسْتَفَدْتُ مَالاً وَهُوَ عِنْدِي نَفِيسٌ فَأَرَدْتُ أَنْ أَتَصَدَّقَ بِهِ. فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم " تَصَدَّقْ بِأَصْلِهِ، لاَ يُبَاعُ وَلاَ يُوهَبُ وَلاَ يُورَثُ، وَلَكِنْ يُنْفَقُ ثَمَرُهُ ". فَتَصَدَّقَ بِهِ عُمَرُ، فَصَدَقَتُهُ ذَلِكَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَفِي الرِّقَابِ وَالْمَسَاكِينِ وَالضَّيْفِ وَابْنِ السَّبِيلِ وَلِذِي الْقُرْبَى، وَلاَ جُنَاحَ عَلَى مَنْ وَلِيَهُ أَنْ يَأْكُلَ مِنْهُ بِالْمَعْرُوفِ، أَوْ يُوكِلَ صَدِيقَهُ غَيْرَ مُتَمَوِّلٍ بِهِ.
Rapporté par Ibn ‘Umar : Du vivant du Messager d’Allah (ﷺ), ‘Umar a donné en aumône une partie de ses biens, un jardin de palmiers appelé Thamgh. ‘Umar dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! J’ai des biens auxquels je tiens beaucoup et je veux les donner en aumône. » Le Prophète dit : « Donne-les en aumône (c’est-à-dire comme fondation pieuse) avec son terrain et ses arbres, à condition que le terrain et les arbres ne soient ni vendus, ni donnés en cadeau, ni légués, mais que les fruits soient distribués en aumône. » Ainsi, ‘Umar l’a donné en aumône, et cela servait à la cause d’Allah, à l’affranchissement des esclaves, aux pauvres, aux invités, aux voyageurs et aux proches. La personne chargée de l’administrer pouvait en manger raisonnablement et équitablement, et pouvait en faire profiter un ami, à condition de ne pas chercher à s’enrichir grâce à cela
Rapporté par ‘Aisha : Le verset suivant : « Si le tuteur est aisé, qu’il ne prenne pas de salaire (c’est-à-dire de rémunération), mais s’il est pauvre, qu’il prenne pour lui ce qui est juste et raisonnable. » (4.6) a été révélé à propos du tuteur d’un orphelin, et cela signifie que s’il est pauvre, il peut prendre pour lui (dans les biens de l’orphelin) ce qui est juste et raisonnable selon la part de l’orphelin dans l’héritage
Hadith 2766 — Sahih al Bukhari 55:29
حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ حَدَّثَنِي سُلَيْمَانُ بْنُ بِلاَلٍ، عَنْ ثَوْرِ بْنِ زَيْدٍ الْمَدَنِيِّ، عَنْ أَبِي الْغَيْثِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ " اجْتَنِبُوا السَّبْعَ الْمُوبِقَاتِ ". قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَمَا هُنَّ قَالَ " الشِّرْكُ بِاللَّهِ، وَالسِّحْرُ، وَقَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلاَّ بِالْحَقِّ، وَأَكْلُ الرِّبَا، وَأَكْلُ مَالِ الْيَتِيمِ، وَالتَّوَلِّي يَوْمَ الزَّحْفِ، وَقَذْفُ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ الْغَافِلاَتِ ".
Rapporté par Abu Huraira : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Évitez les sept grands péchés destructeurs. » Les gens demandèrent : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Quels sont-ils ? » Il répondit : « Associer d’autres à Allah dans l’adoration, pratiquer la sorcellerie, tuer une vie qu’Allah a rendue sacrée sauf pour une raison valable, manger l’usure (riba), dévorer les biens de l’orphelin, fuir le champ de bataille au moment du combat, et accuser des femmes chastes, croyantes, qui n’ont jamais pensé à rien de mal. »
Rapporté par Nafi’ : « Ibn ‘Umar n’a jamais refusé d’être nommé tuteur. » Ce que préférait Ibn Sirin concernant les biens de l’orphelin, c’était que le conseiller et les tuteurs de l’orphelin se réunissent pour décider de ce qui est le mieux pour lui. Quand on interrogeait Tawus à propos des affaires d’un orphelin, il récitait : « …Et Allah sait qui cherche à nuire et qui veut du bien… » (2:220). ‘Ata a dit à propos de certains orphelins : « Le tuteur doit subvenir aux besoins des orphelins, jeunes ou âgés, selon leurs besoins et à partir de leurs parts. »