Le Commentaire prophétique du Coran (tafsîr du Prophète (paix et bénédictions sur lui))
504 hadiths · #4474–4977
Hadith 4904 — Sahih al Bukhari 65:424
حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ مُوسَى، عَنْ إِسْرَائِيلَ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ زَيْدِ بْنِ أَرْقَمَ، قَالَ كُنْتُ مَعَ عَمِّي فَسَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ أُبَىٍّ ابْنَ سَلُولَ، يَقُولُ لاَ تُنْفِقُوا عَلَى مَنْ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ حَتَّى يَنْفَضُّوا، وَلَئِنْ رَجَعْنَا إِلَى الْمَدِينَةِ لَيُخْرِجَنَّ الأَعَزُّ مِنْهَا الأَذَلَّ. فَذَكَرْتُ ذَلِكَ لِعَمِّي، فَذَكَرَ عَمِّي لِلنَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم {فَدَعَانِي فَحَدَّثْتُهُ، فَأَرْسَلَ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أُبَىٍّ وَأَصْحَابِهِ فَحَلَفُوا مَا قَالُوا، وَكَذَّبَنِي النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم} وَصَدَّقَهُمْ، فَأَصَابَنِي غَمٌّ لَمْ يُصِبْنِي مِثْلُهُ قَطُّ، فَجَلَسْتُ فِي بَيْتِي وَقَالَ عَمِّي مَا أَرَدْتَ إِلَى أَنْ كَذَّبَكَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم وَمَقَتَكَ. فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى {إِذَا جَاءَكَ الْمُنَافِقُونَ قَالُوا نَشْهَدُ إِنَّكَ لَرَسُولُ اللَّهِ} وَأَرْسَلَ إِلَىَّ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَقَرَأَهَا وَقَالَ " إِنَّ اللَّهَ قَدْ صَدَّقَكَ ".
Rapporté par Zaid bin Arqam : Alors que j’étais avec mon oncle, j’ai entendu `Abdullah bin Ubai bin Salul dire : « Ne dépensez pas pour ceux qui sont avec le Messager d’Allah (ﷺ), afin qu’ils se dispersent et s’éloignent de lui. Et si nous revenons à Médine, sûrement le plus honorable en chassera le plus humble. » J’en ai parlé à mon oncle, qui l’a ensuite rapporté au Prophète. Le Prophète (ﷺ) m’a appelé et je lui ai raconté ce que j’avais entendu. Puis il a fait venir `Abdullah bin Ubai et ses compagnons, et ils ont juré qu’ils n’avaient rien dit. Le Prophète (ﷺ) n’a pas cru à mes propos et a cru aux leurs. J’ai été très peiné, plus que jamais, et je suis resté chez moi. Mon oncle m’a dit : « Tu voulais juste que le Prophète (ﷺ) te prenne pour un menteur et te déteste. » Ensuite, Allah a révélé : « Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : Nous témoignons que tu es vraiment le Messager d’Allah. » (63:1) Le Prophète (ﷺ) m’a alors fait venir, il a récité ce verset et a dit : « Allah a confirmé ce que tu as dit. »
Hadith 4905 — Sahih al Bukhari 65:425
حَدَّثَنَا عَلِيٌّ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، قَالَ عَمْرٌو سَمِعْتُ جَابِرَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ كُنَّا فِي غَزَاةٍ ـ قَالَ سُفْيَانُ مَرَّةً فِي جَيْشٍ ـ فَكَسَعَ رَجُلٌ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ رَجُلاً مِنَ الأَنْصَارِ فَقَالَ الأَنْصَارِيُّ يَا لَلأَنْصَارِ. وَقَالَ الْمُهَاجِرِيُّ يَا لَلْمُهَاجِرِينَ. فَسَمِعَ ذَاكَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ " مَا بَالُ دَعْوَى جَاهِلِيَّةٍ " قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ كَسَعَ رَجُلٌ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ رَجُلاً مِنَ الأَنْصَارِ. فَقَالَ " دَعُوهَا فَإِنَّهَا مُنْتِنَةٌ ". فَسَمِعَ بِذَلِكَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ أُبَىٍّ فَقَالَ فَعَلُوهَا، أَمَا وَاللَّهِ لَئِنْ رَجَعْنَا إِلَى الْمَدِينَةِ لَيُخْرِجَنَّ الأَعَزُّ مِنْهَا الأَذَلَّ. فَبَلَغَ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَقَامَ عُمَرُ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ دَعْنِي أَضْرِبْ عُنُقَ هَذَا الْمُنَافِقِ. فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم " دَعْهُ لاَ يَتَحَدَّثُ النَّاسُ أَنَّ مُحَمَّدًا يَقْتُلُ أَصْحَابَهُ " وَكَانَتِ الأَنْصَارُ أَكْثَرَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ حِينَ قَدِمُوا الْمَدِينَةَ، ثُمَّ إِنَّ الْمُهَاجِرِينَ كَثُرُوا بَعْدُ. قَالَ سُفْيَانُ فَحَفِظْتُهُ مِنْ عَمْرٍو قَالَ عَمْرٌو سَمِعْتُ جَابِرًا كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم.
Rapporté par Jabir bin `Abdullah : Nous étions dans une expédition (Sufyan a précisé : dans une armée) et un homme parmi les émigrés a donné un coup de pied à un homme des Ansar (sur les fesses). L’homme des Ansar a crié : « Ô les Ansar ! (À l’aide !) » et l’émigré a dit : « Ô les émigrés ! (À l’aide !) » Le Messager d’Allah (ﷺ) a entendu cela et a dit : « Qu’est-ce que cet appel ? C’est une chose qui vient de l’époque de l’ignorance ! » Ils ont expliqué : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Un homme des émigrés a donné un coup de pied à un des Ansar (sur les fesses). » Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Laissez tomber (cet appel), c’est une chose détestable. » `Abdullah bin Ubai a entendu cela et a dit : « Est-ce qu’ils ont vraiment fait cela ? Par Allah, si nous revenons à Médine, sûrement le plus honorable en chassera le plus humble. » Quand cette parole est parvenue au Prophète, `Umar s’est levé et a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Laisse-moi couper la tête de cet hypocrite (`Abdullah bin Ubai) ! » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Laisse-le, de peur que les gens disent que Muhammad tue ses compagnons. » Les Ansar étaient alors plus nombreux que les émigrés quand ces derniers sont arrivés à Médine, mais ensuite le nombre des émigrés a augmenté
Hadith 4906 — Sahih al Bukhari 65:426
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ حَدَّثَنِي إِسْمَاعِيلُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ بْنِ عُقْبَةَ، عَنْ مُوسَى بْنِ عُقْبَةَ، قَالَ حَدَّثَنِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الْفَضْلِ، أَنَّهُ سَمِعَ أَنَسَ بْنَ مَالِكٍ، يَقُولُ حَزِنْتُ عَلَى مَنْ أُصِيبَ بِالْحَرَّةِ فَكَتَبَ إِلَىَّ زَيْدُ بْنُ أَرْقَمَ وَبَلَغَهُ شِدَّةُ حُزْنِي يَذْكُرُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ " اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِلأَنْصَارِ وَلأَبْنَاءِ الأَنْصَارِ " ـ وَشَكَّ ابْنُ الْفَضْلِ فِي أَبْنَاءِ أَبْنَاءِ الأَنْصَارِ ـ فَسَأَلَ أَنَسًا بَعْضُ مَنْ كَانَ عِنْدَهُ فَقَالَ هُوَ الَّذِي يَقُولُ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم " هَذَا الَّذِي أَوْفَى اللَّهُ لَهُ بِأُذُنِهِ ".
Rapporté par Musa bin `Uqba : `Abdullah bin Al-Fadl m’a rapporté qu’Anas bin Malik a dit : « J’étais très attristé par ceux qui ont été tués lors de la bataille d’Al-Harra. Quand Zaid bin Arqam a appris ma grande tristesse (pour les Ansar tués), il m’a écrit une lettre disant qu’il avait entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : Ô Allah ! Pardonne aux Ansar et aux enfants des Ansar. Le sous-rappoteur, Ibn Al-Fadl, n’est pas sûr que le Prophète (ﷺ) ait aussi dit : Et à leurs petits-enfants. Certains de ceux qui étaient présents ont interrogé Anas (à propos de Zaid). Il a dit : « C’est de lui que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : C’est celui dont Allah a attesté la bonne ouïe. »
Hadith 4907 — Sahih al Bukhari 65:427
حَدَّثَنَا الْحُمَيْدِيُّ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، قَالَ حَفِظْنَاهُ مِنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ قَالَ سَمِعْتُ جَابِرَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ ـ رضى الله عنهما ـ يَقُولُ كُنَّا فِي غَزَاةٍ فَكَسَعَ رَجُلٌ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ رَجُلاً مِنَ الأَنْصَارِ فَقَالَ الأَنْصَارِيُّ يَا لَلأَنْصَارِ. وَقَالَ الْمُهَاجِرِيُّ يَا لَلْمُهَاجِرِينَ. فَسَمَّعَهَا اللَّهُ رَسُولَهُ صلى الله عليه وسلم قَالَ " مَا هَذَا ". فَقَالُوا كَسَعَ رَجُلٌ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ رَجُلاً مِنَ الأَنْصَارِ فَقَالَ الأَنْصَارِيُّ يَا لَلأَنْصَارِ. وَقَالَ الْمُهَاجِرِيُّ يَالَلْمُهَاجِرِينَ. فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم " دَعُوهَا فَإِنَّهَا مُنْتِنَةٌ ". قَالَ جَابِرٌ وَكَانَتِ الأَنْصَارُ حِينَ قَدِمَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم أَكْثَرَ، ثُمَّ كَثُرَ الْمُهَاجِرُونَ بَعْدُ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ أُبَىٍّ أَوَقَدْ فَعَلُوا، وَاللَّهِ لَئِنْ رَجَعْنَا إِلَى الْمَدِينَةِ لَيُخْرِجَنَّ الأَعَزُّ مِنْهَا الأَذَلَّ. فَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رضى الله عنه دَعْنِي يَا رَسُولَ اللَّهِ أَضْرِبْ عُنُقَ هَذَا الْمُنَافِقِ. قَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم " دَعْهُ لاَ يَتَحَدَّثُ النَّاسُ أَنَّ مُحَمَّدًا يَقْتُلُ أَصْحَابَهُ ".
Rapporté par Jabir bin `Abdullah : Nous étions en expédition et un homme parmi les émigrants a donné un coup de pied à un Ansari. L’homme des Ansar a alors dit : « Ô les Ansar, à l’aide ! » L’émigrant a répondu : « Ô les émigrants, à l’aide ! » Quand le Messager d’Allah (ﷺ) a entendu cela, il a demandé : « Qu’est-ce que c’est ? » On lui a expliqué : « Un homme des émigrants a donné un coup de pied à un homme des Ansar. L’Ansari a alors appelé les Ansar, et l’émigrant a appelé les émigrants. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Laissez cela, car c’est une chose détestable. » À l’époque où le Prophète (ﷺ) est arrivé à Médine, les Ansar étaient plus nombreux que les émigrants, mais ensuite le nombre d’émigrants a augmenté. `Abdullah bin Ubai a dit : « Ont-ils vraiment fait cela ? Par Allah, si nous retournons à Médine, le plus honorable en chassera le plus humble. » `Umar bin Al-Khattab a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Laisse-moi couper la tête de cet hypocrite ! » Le Prophète a répondu : « Laisse-le, pour que les gens ne disent pas que Muhammad tue ses compagnons. »
Hadith 4908 — Sahih al Bukhari 65:428
حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ بُكَيْرٍ، حَدَّثَنَا اللَّيْثُ، قَالَ حَدَّثَنِي عُقَيْلٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ أَخْبَرَنِي سَالِمٌ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَخْبَرَهُ أَنَّهُ، طَلَّقَ امْرَأَتَهُ وَهْىَ حَائِضٌ، فَذَكَرَ عُمَرُ لِرَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَتَغَيَّظَ فِيهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ثُمَّ قَالَ " لِيُرَاجِعْهَا ثُمَّ يُمْسِكْهَا حَتَّى تَطْهُرَ، ثُمَّ تَحِيضَ فَتَطْهُرَ، فَإِنْ بَدَا لَهُ أَنْ يُطَلِّقَهَا فَلْيُطَلِّقْهَا طَاهِرًا قَبْلَ أَنْ يَمَسَّهَا فَتِلْكَ الْعِدَّةُ كَمَا أَمَرَهُ اللَّهُ ".
Rapporté par Salim : `Abdullah bin `Umar lui a raconté qu’il avait divorcé de sa femme alors qu’elle avait ses règles, et `Umar en a informé le Messager d’Allah (ﷺ). Le Messager d’Allah (ﷺ) s’est alors mis très en colère et a dit : « Ibn `Umar doit la reprendre chez lui et la garder comme épouse jusqu’à ce qu’elle soit purifiée, puis qu’elle ait de nouveau ses règles et qu’elle soit encore purifiée. Ensuite, s’il veut la divorcer, il pourra le faire pendant qu’elle est pure, avant toute relation intime, car c’est la période légale de divorce qu’Allah a prescrite. »
Rapporté par Abu Salama : Un homme est venu voir Ibn `Abbas pendant qu’Abu Huraira était assis avec lui et lui a demandé : « Donne-moi ton avis sur une femme qui a accouché quarante jours après la mort de son mari. » Ibn `Abbas a répondu : « Cela marque la fin de l’une des deux périodes légales. » J’ai dit : « Pour les femmes enceintes, leur délai légal va jusqu’à l’accouchement. » Abu Huraira a dit : « Je suis d’accord avec mon cousin (Abu Salama). » Ibn `Abbas a alors envoyé son esclave Kuraib demander à Um Salama à ce sujet. Elle a répondu : « Le mari de Subai’a al-Aslamiya a été tué alors qu’elle était enceinte, et elle a accouché quarante jours après sa mort. Ensuite, elle a reçu des demandes en mariage et le Messager d’Allah (ﷺ) l’a mariée à quelqu’un. Abu As-Sanabil faisait partie de ceux qui ont demandé sa main. »
Rapporté par Muhammad : Je me trouvais dans un cercle où se trouvait ‘Abd ar-Rahman ibn Abi Layla, et ses compagnons le vénéraient. On évoqua la question du dernier des deux délais. J’ai alors rapporté le hadith de Subay‘a bint al-Harith d’après ‘Abd Allah ibn ‘Utbah. L’un de ses compagnons me fit alors un signe. Muhammad dit : J’ai compris son intention et j’ai dit : « Je serais bien audacieux si je mentais sur ‘Abd Allah ibn ‘Utbah alors qu’il est dans la région de Koufa. » Il eut honte et dit : « Mais son oncle n’a pas dit cela. » J’ai alors rencontré Abou ‘Atiyya Malik ibn ‘Amir et je l’ai interrogé. Il se mit à me rapporter le hadith de Subay‘a. Je lui ai dit : « As-tu entendu quelque chose de la part de ‘Abd Allah à ce sujet ? » Il répondit : « Nous étions auprès de ‘Abd Allah et il dit : ‘Vous lui appliquez la sévérité mais vous ne lui accordez pas la dispense. La sourate des Femmes la plus courte a été révélée après la plus longue : {Et pour celles qui sont enceintes, leur terme est qu’elles accouchent de leur fardeau.}’ »
Rapporté par Ibn `Abbas : Si quelqu’un dit à sa femme : « Tu m’es interdite », il doit faire une expiation pour son serment. Ibn `Abbas a ajouté : Il y a pour vous dans le Messager d’Allah (ﷺ) un excellent exemple à suivre
Hadith 4912 — Sahih al Bukhari 65:432
حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ مُوسَى، أَخْبَرَنَا هِشَامُ بْنُ يُوسُفَ، عَنِ ابْنِ جُرَيْجٍ، عَنْ عَطَاءٍ، عَنْ عُبَيْدِ بْنِ عُمَيْرٍ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَشْرَبُ عَسَلاً عِنْدَ زَيْنَبَ ابْنَةِ جَحْشٍ وَيَمْكُثُ عِنْدَهَا فَوَاطَيْتُ أَنَا وَحَفْصَةُ عَنْ أَيَّتُنَا دَخَلَ عَلَيْهَا فَلْتَقُلْ لَهُ أَكَلْتَ مَغَافِيرَ إِنِّي أَجِدُ مِنْكَ رِيحَ مَغَافِيرَ. قَالَ " لاَ وَلَكِنِّي كُنْتُ أَشْرَبُ عَسَلاً عِنْدَ زَيْنَبَ ابْنَةِ جَحْشٍ فَلَنْ أَعُودَ لَهُ وَقَدْ حَلَفْتُ لاَ تُخْبِرِي بِذَلِكِ أَحَدًا ".
Rapporté par `Aisha : Le Messager d'Allah (ﷺ) buvait du miel chez Zaynab, la fille de Jahsh, et restait avec elle. Hafsa et moi avons donc convenu en secret que, s’il venait chez l’une de nous, elle lui dirait : « On dirait que tu as mangé du maghafir (une sorte de résine qui sent mauvais), car je sens cette odeur sur toi. » Nous l’avons fait, et il a répondu : « Non, mais je buvais du miel chez Zaynab, la fille de Jahsh, et je n’en prendrai plus jamais. J’ai fait un serment à ce sujet, et vous ne devez en parler à personne. »
Hadith 4913 — Sahih al Bukhari 65:433
حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ بْنُ بِلاَلٍ، عَنْ يَحْيَى، عَنْ عُبَيْدِ بْنِ حُنَيْنٍ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ يُحَدِّثُ أَنَّهُ قَالَ مَكَثْتُ سَنَةً أُرِيدُ أَنْ أَسْأَلَ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ عَنْ آيَةٍ، فَمَا أَسْتَطِيعُ أَنْ أَسْأَلَهُ هَيْبَةً لَهُ، حَتَّى خَرَجَ حَاجًّا فَخَرَجْتُ مَعَهُ فَلَمَّا رَجَعْتُ وَكُنَّا بِبَعْضِ الطَّرِيقِ عَدَلَ إِلَى الأَرَاكِ لِحَاجَةٍ لَهُ ـ قَالَ ـ فَوَقَفْتُ لَهُ حَتَّى فَرَغَ سِرْتُ مَعَهُ فَقُلْتُ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ مَنِ اللَّتَانِ تَظَاهَرَتَ�� عَلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم مِنْ أَزْوَاجِهِ فَقَالَ تِلْكَ حَفْصَةُ وَعَائِشَةُ. قَالَ فَقُلْتُ وَاللَّهِ إِنْ كُنْتُ لأُرِيدُ أَنْ أَسْأَلَكَ عَنْ هَذَا مُنْذُ سَنَةٍ، فَمَا أَسْتَطِيعُ هَيْبَةً لَكَ. قَالَ فَلاَ تَفْعَلْ مَا ظَنَنْتَ أَنَّ عِنْدِي مِنْ عِلْمٍ فَاسْأَلْنِي، فَإِنْ كَانَ لِي عِلْمٌ خَبَّرْتُكَ بِهِ ـ قَالَ ـ ثُمَّ قَالَ عُمَرُ وَاللَّهِ إِنْ كُنَّا فِي الْجَاهِلِيَّةِ مَا نَعُدُّ لِلنِّسَاءِ أَمْرًا، حَتَّى أَنْزَلَ اللَّهُ فِيهِنَّ مَا أَنْزَلَ وَقَسَمَ لَهُنَّ مَا قَسَمَ ـ قَالَ ـ فَبَيْنَا أَنَا فِي أَمْرٍ أَتَأَمَّرُهُ إِذْ قَالَتِ امْرَأَتِي لَوْ صَنَعْتَ كَذَا وَكَذَا ـ قَالَ ـ فَقُلْتُ لَهَا مَالَكِ وَلِمَا هَا هُنَا فِيمَا تَكَلُّفُكِ فِي أَمْرٍ أُرِيدُهُ. فَقَالَتْ لِي عَجَبًا لَكَ يَا ابْنَ الْخَطَّابِ مَا تُرِيدُ أَنْ تُرَاجَعَ أَنْتَ، وَإِنَّ ابْنَتَكَ لَتُرَاجِعُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم حَتَّى يَظَلَّ يَوْمَهُ غَضْبَانَ. فَقَامَ عُمَرُ فَأَخَذَ رِدَاءَهُ مَكَانَهُ حَتَّى دَخَلَ عَلَى حَفْصَةَ فَقَالَ لَهَا يَا بُنَيَّةُ إِنَّكِ لَتُرَاجِعِينَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم حَتَّى يَظَلَّ يَوْمَهُ غَضْبَانَ. فَقَالَتْ حَفْصَةُ وَاللَّهِ إِنَّا لَنُرَاجِعُهُ. فَقُلْتُ. تَعْلَمِينَ أَنِّي أُحَذِّرُكِ عُقُوبَةَ اللَّهِ وَغَضَبَ رَسُولِهِ صلى الله عليه وسلم يَا بُنَيَّةُ لاَ يَغُرَّنَّكِ هَذِهِ الَّتِي أَعْجَبَهَا حُسْنُهَا حُبُّ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم إِيَّاهَا ـ يُرِيدُ عَائِشَةَ ـ قَالَ ثُمَّ خَرَجْتُ حَتَّى دَخَلْتُ عَلَى أُمِّ سَلَمَةَ لِقَرَابَتِي مِنْهَا فَكَلَّمْتُهَا. فَقَالَتْ أُمُّ سَلَمَةَ عَجَبًا لَكَ يَا ابْنَ الْخَطَّابِ دَخَلْتَ فِي كُلِّ شَىْءٍ، حَتَّى تَبْتَغِي أَنْ تَدْخُلَ بَيْنَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَأَزْوَاجِهِ. فَأَخَذَتْنِي وَاللَّهِ أَخْذًا كَسَرَتْنِي عَنْ بَعْضِ مَا كُنْتُ أَجِدُ، فَخَرَجْتُ مِنْ عِنْدِهَا، وَكَانَ لِي صَاحِبٌ مِنَ الأَنْصَارِ إِذَا غِبْتُ أَتَانِي بِالْخَبَرِ، وَإِذَا غَابَ كُنْتُ أَنَا آتِيهِ بِالْخَبَرِ، وَنَحْنُ نَتَخَوَّفُ مَلِكًا مِنْ مُلُوكِ غَسَّانَ، ذُكِرَ لَنَا أَنَّهُ يُرِيدُ أَنْ يَسِيرَ إِلَيْنَا، فَقَدِ امْتَلأَتْ صُدُورُنَا مِنْهُ، فَإِذَا صَاحِبِي الأَنْصَارِيُّ يَدُقُّ الْبَابَ فَقَالَ افْتَحِ افْتَحْ. فَقُلْتُ جَاءَ الْغَسَّانِيُّ فَقَالَ بَلْ أَشَدُّ مِنْ ذَلِكَ. اعْتَزَلَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَزْوَاجَهُ. فَقُلْتُ رَغَمَ أَنْفُ حَفْصَةَ وَعَائِشَةَ. فَأَخَذْتُ ثَوْبِيَ فَأَخْرُجُ حَتَّى جِئْتُ فَإِذَا رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فِي مَشْرُبَةٍ لَهُ يَرْقَى عَلَيْهَا بِعَجَلَةٍ، وَغُلاَمٌ لِرَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَسْوَدُ عَلَى رَأْسِ الدَّرَجَةِ فَقُلْتُ لَهُ قُلْ هَذَا عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ. فَأَذِنَ لِي ـ قَالَ عُمَرُ ـ فَقَصَصْتُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم هَذَا الْحَدِيثَ، فَلَمَّا بَلَغْتُ حَدِيثَ أُمِّ سَلَمَةَ تَبَسَّمَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَإِنَّهُ لَعَلَى حَصِيرٍ مَا بَيْنَهُ وَبَيْنَهُ شَىْءٌ، وَتَحْتَ رَأْسِهِ وِسَادَةٌ مِنْ أَدَمٍ حَشْوُهَا لِيفٌ، وَإِنَّ عِنْدَ رِجْلَيْهِ قَرَظًا مَصْبُوبًا، وَعِنْدَ رَأْسِهِ أَهَبٌ مُعَلَّقَةٌ فَرَأَيْتُ أَثَرَ الْحَصِيرِ فِي جَنْبِهِ فَبَكَيْتُ فَقَالَ " مَا يُبْكِيكَ ". فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ كِسْرَى وَقَيْصَرَ فِيمَا هُمَا فِيهِ وَأَنْتَ رَسُولُ اللَّهِ. فَقَالَ " أَمَا تَرْضَى أَنْ تَكُونَ لَهُمُ الدُّنْيَا وَلَنَا الآخِرَةُ ".
Rapporté par Ibn `Abbas : Pendant toute une année, j’ai eu envie de demander à `Umar ibn Al-Khattab l’explication d’un verset (dans la sourate At-Tahrim), mais je n’osais pas à cause du respect que j’avais pour lui. Lorsqu’il partit faire le Hajj, je l’ai accompagné. Sur le chemin du retour, alors que nous étions encore en route, `Umar s’est éloigné près des arbres d’Arak pour satisfaire un besoin. J’ai attendu qu’il ait fini, puis je l’ai rejoint et je lui ai demandé : « Ô chef des croyants ! Qui étaient les deux femmes du Prophète (ﷺ) qui se sont soutenues l’une l’autre contre lui ? » Il a répondu : « C’étaient Hafsa et `Aisha. » Je lui ai alors dit : « Par Allah, je voulais te poser cette question il y a un an, mais je n’ai pas osé par respect pour toi. » `Umar a dit : « N’hésite pas à me demander. Si tu penses que j’ai des connaissances sur un sujet, demande-moi ; et si je sais, je te répondrai. » Puis `Umar a ajouté : « Par Allah, à l’époque préislamique, nous ne faisions pas attention aux femmes jusqu’à ce qu’Allah révèle ce qu’Il a révélé à leur sujet et leur accorde ce qu’Il leur a accordé. Un jour, alors que je réfléchissais à une affaire, ma femme m’a dit : “Je te conseille de faire ceci ou cela.” Je lui ai dit : “Pourquoi t’occupes-tu de cette affaire ? Pourquoi t’immisces-tu dans ce que je veux accomplir ?” Elle m’a répondu : “C’est étonnant, ô fils d’Al-Khattab ! Tu ne veux pas qu’on te contredise alors que ta fille, Hafsa, discute avec le Messager d’Allah (ﷺ) au point qu’il reste fâché toute une journée !” » `Umar a alors raconté qu’il s’est immédiatement habillé et est allé voir Hafsa : « Ô ma fille ! Tu discutes avec le Messager d’Allah (ﷺ) au point qu’il reste fâché toute la journée ? » Hafsa a répondu : « Par Allah, nous discutons avec lui. » `Umar a dit : « Sache que je t’avertis du châtiment d’Allah et de la colère du Messager d’Allah (ﷺ)... Ô ma fille ! Ne te laisse pas influencer par celle qui est fière de sa beauté à cause de l’amour du Messager d’Allah (ﷺ) pour elle (c’est-à-dire `Aisha). » `Umar a ajouté : « Je suis ensuite allé chez Um Salama, qui était de ma famille, et j’ai parlé avec elle. Elle m’a dit : “Ô fils d’Al-Khattab ! C’est étonnant que tu veuilles t’occuper de tout ; tu veux même t’immiscer entre le Messager d’Allah et ses femmes !” Par Allah, ses paroles m’ont tellement touché que ma colère a diminué. Je l’ai quittée et je suis rentré chez moi. À cette époque, j’avais un ami parmi les Ansar qui me rapportait des nouvelles du Prophète en mon absence, et je faisais de même pour lui. Nous avions peur d’un roi de la tribu de Ghassan, car nous avions entendu dire qu’il voulait nous attaquer, ce qui nous inquiétait beaucoup. Un jour, mon ami ansari a frappé à ma porte de façon inattendue et a dit : “Ouvre, ouvre !” J’ai demandé : “Le roi de Ghassan est-il arrivé ?” Il a répondu : “Non, mais c’est pire : le Messager d’Allah (ﷺ) s’est isolé de ses femmes.” J’ai dit : “Que le nez de `Aisha et Hafsa touche la poussière (c’est-à-dire qu’elles soient humiliées) !” Je me suis habillé et je suis allé à la demeure du Messager d’Allah (ﷺ). Il se trouvait dans une pièce à l’étage, à laquelle on accédait par une échelle, et un esclave noir du Messager d’Allah (ﷺ) était assis sur la première marche. Je lui ai dit : “Dis au Prophète (ﷺ) que `Umar ibn Al-Khattab est là.” Le Prophète (ﷺ) m’a alors fait entrer et je lui ai raconté toute l’histoire. Quand je suis arrivé à l’épisode d’Um Salama, le Messager d’Allah (ﷺ) a souri alors qu’il était allongé sur un tapis de feuilles de palmier, sans rien entre lui et le tapis. Il avait un oreiller en cuir rempli de fibres de palmier sous la tête, des feuilles d’un arbre saut à ses pieds, et quelques outres d’eau suspendues au-dessus de sa tête. En voyant les marques du tapis sur son côté, j’ai pleuré. Il m’a dit : « Pourquoi pleures-tu ? » J’ai répondu : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! César et Khosro mènent une vie luxueuse alors que toi, le Messager d’Allah (ﷺ), tu vis dans la pauvreté. » Le Prophète (ﷺ) a alors répondu : « N’es-tu pas satisfait qu’ils profitent de ce bas-monde et que nous ayons l’au-delà ? »